CPVS : Quand le Président se dote d’un outil pour transformer les promesses en résultats

Peu connu du grand public, le Conseil présidentiel de veille stratégique (CPVS) est pourtant l’un des instruments les plus structurants de la Présidence de la République. Créé par ordonnance et directement rattaché au Chef de l’État, il a pour mission de suivre, évaluer et anticiper la mise en œuvre des engagements  présidentiels.

Dans cet entretien au long cours, François Muamba, responsable du CPVS, explique sans détour le rôle, la méthode et la philosophie de cette structure, conçue pour instaurer une véritable culture du résultat au sommet de l’État, sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Question : Le CPVS est un outil stratégique de la Présidence de la République, bien détaillé dans certains cercles, mais encore largement méconnu du grand public. Pouvez-vous nous dire, en termes simples, ce qu’est le CPVS et quelle est sa mission ?


François Muamba : En termes clairs, nous avons un Chef de l’État qui est pleinement conscient de sa responsabilité vis-à-vis de la population qui l’a élu. Son souci fondamental est de s’assurer que chaque mot prononcé, chaque engagement pris devant le peuple, soit effectivement traduit dans les faits.

Très peu de chefs d’État, à travers le monde, s’organisent de cette manière. Et c’est presque paradoxal dans notre contexte congolais, où l’on véhicule depuis des années l’idée selon laquelle le Président Félix-Antoine Tshisekedi serait un homme qui « dit pour ne pas faire ». Or, si l’on prend les quatre chefs d’État qui l’ont précédé, aucun ne s’était doté d’un instrument aussi structuré que le CPVS.

Il existe une ordonnance qui crée formellement le Conseil présidentiel de veille stratégique. C’est un instrument directement rattaché au Président de la République, à qui il rend compte de ses missions.

Question : Quelles sont précisément ces missions ?

François Muamba : L’essentiel de notre mission consiste à suivre et à évaluer, à la fois quantitativement et qualitativement, le degré de mise en œuvre des engagements pris par le Chef de l’État, tels qu’ils sont repris dans le Programme d’action du Gouvernement.


Il est important de faire le lien entre ce que le Président dit et ce que le Gouvernement exécute, puisque le programme gouvernemental est validé par le Parlement. Le CPVS est précisément ce pont entre la parole présidentielle et l’action gouvernementale.


Nous sommes, en quelque sorte, les yeux et les oreilles du Chef de l’État. Notre vocation n’est pas d’exposer nos analyses sur la place publique, mais d’éclairer le Président afin qu’il puisse, avec les leviers institutionnels dont il dispose, créer les conditions de mise en œuvre des recommandations formulées.

Question : Concrètement, qu’avez-vous réalisé depuis votre mise en place ?


François Muamba : Je peux citer quelques actions, de manière non exhaustive. Lors de la campagne électorale de décembre 2023, le CPVS a mis en place un tableau de bord – ce que les anglophones appellent un dashboard – permettant aux citoyens de visualiser les réalisations du Président sur l’ensemble du territoire national.


Cet outil, toujours accessible en ligne, permet à chaque citoyen, qu’il soit à Kinshasa, à Kasumbalesa ou ailleurs, de vérifier que ce que nous présentons comme réalisé est effectivement vérifiable, à travers des données, des photos et des vidéos.


Aujourd’hui, en 2025, nous avons mis à jour cet outil et réalisé un bilan de la mise en œuvre des engagements du Président pour son second mandat. Ces engagements ont été ventilés en 87 actions, suivies et évaluées sur une période de 18 mois, avec un arrêt des données en juin 2025 pour garantir leur fiabilité.

Question : Votre rôle de suivi et de contrôle ne vous met-il pas en contradiction avec les acteurs que vous observez ?

François Muamba : Le travail de contrôle peut effectivement générer des tensions. Mais notre acceptabilité repose sur trois piliers : l’honnêteté, l’efficacité et la vérité démontrable.


Nous ne nous contentons pas d’affirmer, nous démontrons. Lorsqu’un fait est étayé par des preuves concrètes – photos, vidéos, documents – la contestation peut être émotionnelle au départ, mais elle ne tient pas dans la durée.


Nous ne sommes pas là uniquement pour relever ce qui ne va pas. Nous signalons aussi ce qui fonctionne bien, avec des pourcentages précis. C’est cela qui permet de créer une culture de résultat équilibrée.


Question : Vous n’êtes donc pas un « père fouettard » ?


François Muamba : Pas du tout. Nous sommes un catalyseur. Notre vocation est de créer une émulation positive, de pousser les acteurs vers le haut, et non de les entraîner vers l’abîme. Dire la vérité, qu’elle soit positive ou négative, est ce qui nous protège et ce qui crédibilise notre action.


Question : Certains Congolais estiment que les partenariats stratégiques récents, notamment avec les États-Unis, seraient de « mauvais contrats ». Que leur répondez-vous ?

François Muamba : Il faut se poser les bonnes questions pour obtenir les bonnes réponses. Qu’est-ce qui nous manque ? Qu’est-ce que nous possédons ? Et qu’est-ce que nos partenaires peuvent nous apporter que nous n’avons pas ?


Nous avons les ressources naturelles. Ce qui nous manque, c’est la capacité de les défendre, de les transformer et d’en tirer pleinement profit. Le Président a fait le choix de partenariats gagnant-gagnant, sans exclusivité, en combinant sécurité, infrastructures et développement.

Question : Pourquoi le CPVS communique-t-il si peu vers le grand public ?


François Muamba : Parce que nous ne sommes pas un outil de communication de masse. Nos diagnostics approfondis sont destinés au seul Président de la République, qui est le détenteur des leviers d’action. Il appartient ensuite aux institutions compétentes de communiquer.


Question : Existe-t-il des promesses irréalisables ?


François Muamba : Irréalisables, non. Ambitieuses, oui. Et c’est justement pour cela que le CPVS existe : identifier les obstacles, anticiper les difficultés et proposer des ajustements pour que l’ambition devienne réalisable.

Propos recueillis par WAK et SN

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *