Malgré la signature des accords de Doha au Qatar et les multiples appels au cessez-le-feu, les hostilités se poursuivent entre les forces de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et les Forces armées de la RDC (FARDC). Ces dernières ont de nouveau dénoncé l’attitude belliqueuse du mouvement rebelle, accusé de violer systématiquement les engagements pris lors des négociations.
Du côté du gouvernement congolais, le ton monte. Kinshasa fustige non seulement les attaques répétées du M23, mais aussi et surtout le rôle du Rwanda, qualifié une fois de plus de « parrain » du mouvement. En marge du sommet Union africaine Union européenne à Luanda en Angola, la ministre congolaise des affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, affirme que Kigali entrave même l’accès humanitaire, pointant notamment son refus présumé de faciliter l’ouverture de l’aéroport de Goma pour des opérations d’assistance d’urgence.
“Nous avons, il y a quelques semaines, eu une conférence, quand même assez fructueuse à Paris sur l’assistance humanitaire dans la région des Grands Lacs. À peine cette conférence a pris fin, le Rwanda a fait un rétropédalage pour dire que la réouverture de l’aéroport de Goma ne pouvait se faire sans le M23.
“Nous ne parlons même pas de politique, s’est indignée la ministre congolaise.” “nous parlons de millions de vies humaines qui pourraient être sauvées si l’aéroport de Goma était opérationnel à nouveau.”
Ces accusations interviennent quelques jours après qu’une délégation gouvernementale congolaise ait effectué une tournée à Genève, conduite par la Première ministre. En marge des travaux, le ministre de la Communication a tenu à rappeler que, malgré l’intensité des combats, le gouvernement estime que « le M23 est en voie de disparition », mettant en avant ce qu’il décrit comme une fragilisation progressive du mouvement armé.
“On ne va jamais se mettre dans un jeu de ping-pong avec ceux qui sont appelés à disparaître. Dans la forme actuelle.
Il ne faut pas vous faire des illusions sur la finalité des discussions en cours. Ils vont sûrement trouver autre chose, mais sur la forme actuelle, ils n’existeront plus. C’est ça la vraie vérité, qu’ils ne veulent pas admettre.
Et donc, toute cette agitation, toutes ces campagnes, tous ces mensonges et toutes ces explications qui reflètent en rien l’esprit des discussions, c’est dans une seule volonté. Justifier leur existence et penser à entretenir une certaine clientèle. “
Patrick Muyaya explique que concernant la réintégration, on parle de l’intégration au cas par cas. Et d’ajouter que le Rwanda au-delà du M23 soutient également d’autres groupes rebelles en RDC : “Alors, le fils (M23) dont on parle, il a aussi des frères, mais c’est une autre histoire. S’il faut parler des Red Tabara, des Turaneo, c’est trois enfants d’un même père, alors des enfants qui sont doués dans la criminalité. Ça, c’est une autre histoire, on ne va pas y revenir.”
Et au ministre de la communication de rappeler que :” N’oubliez pas que la première urgence pour nous, elle est humanitaire. Parce que nous avons en face de nous des gens qui donnent la mort, parce qu’on a dit non, on va se souvenir de ce jeune artiste. Des gens qui chicotent, tel que vous “
Mais alors que les diplomates s’échangent des poignées de main et des promesses de paix, le tumulte des armes continue de résonner dans les collines du Kivu. Et pour les populations prises au piège, la seule victoire qui compte reste encore lointaine : celle du silence des armes.
Geopolis Hebdo
