La tension monte entre la Société nationale d’électricité (SNEL) et les autorités provinciales de Kinshasa autour des travaux de creusage entrepris au croisement des avenues TSF et Colonel Ebeya, dans la commune de la Gombe. En toile de fond : la menace d’un endommagement des câbles haute tension alimentant une partie importante de la capitale congolaise.
Dans un communiqué publié lundi, la société publique chargée de la fourniture de l’électricité a exprimé de vives inquiétudes face aux excavations réalisées par l’entreprise Safrimex. Selon la SNEL, ces travaux se déroulent dans une zone hautement sensible où passent des installations stratégiques du réseau électrique de Kinshasa.
L’établissement public avertit qu’un incident sur ces infrastructures pourrait provoquer une interruption massive de l’alimentation en électricité dans plusieurs communes, affectant aussi bien les ménages, les administrations publiques, les hôpitaux, les commerces, que les activités économiques de la ville.
À travers cette alerte, la SNEL met en lumière la question récurrente de la coordination entre les grands travaux urbains et la protection des infrastructures publiques essentielles. Dans une ville comme Kinshasa, où les réseaux souterrains restent parfois insuffisamment cartographiés ou protégés, les travaux de terrassement constituent régulièrement une source de tensions entre opérateurs publics et entreprises privées.
La société nationale appelle ainsi les autorités compétentes ainsi que les entreprises impliquées à faire preuve de vigilance et à prendre toutes les dispositions techniques nécessaires afin d’éviter un accident aux conséquences potentiellement lourdes pour la capitale.
Jusqu’à présent, les autorités provinciales n’ont pas officiellement réagi à cette mise en garde. Cependant, lors d’une descente effectuée sur le terrain par les reporters de Geopolis Hebdo, un arrêt des travaux a été constaté au niveau du chantier concerné.
Selon plusieurs sources présentes sur place, les forces de l’ordre seraient rapidement intervenues pour empêcher la poursuite des excavations, face au risque de voir une grande partie de Kinshasa plongée dans le noir en cas d’endommagement des câbles électriques.
D’après les informations recueillies, ces travaux auraient été entrepris dans le cadre de la construction d’un parking destiné aux clients d’une boîte de nuit située en face des installations de la SNEL.
Cet épisode relance le débat sur le respect des normes d’urbanisme et de sécurité dans la capitale, ainsi que sur la nécessité d’une meilleure concertation entre les autorités urbaines, les entreprises de construction et les services techniques de l’État avant tout lancement de travaux dans des zones sensibles.
Héritier Lelo
