La situation de la liberté de la presse en République démocratique du Congo demeure profondément préoccupante. Dans un nouveau rapport intitulé « Dans la peau d’un journaliste dans les Grands Lacs », Reporters sans frontières (RSF) dresse un constat alarmant des conditions de travail des professionnels des médias, particulièrement en RDC, où violences, menaces et disparitions rythment le quotidien.


Présenté devant la presse nationale et internationale, ce document passe au crible les atteintes aux droits des journalistes dans toute la région des Grands Lacs. Il met en lumière un environnement hostile, marqué par les conflits armés, notamment dans l’est de la RDC, considéré comme l’épicentre de ces violences.
Le tableau dressé par RSF est sombre. L’organisation y documente de nombreux cas d’agressions, d’arrestations arbitraires et de violations graves, parfois mortelles auxquels ont fait face les professionnels des médias. Selon ce rapport sept journalistes ont été assassinés, dans la partie orientale du pays.
Plus largement, le rapport révèle qu’en une décennie, près de 500 journalistes ont été arrêtés dans la région des Grands Lacs, la RDC concentrant à elle seule environ la moitié de ces cas. Des chiffres qui témoignent d’une pression constante sur la profession, dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé.
Ces révélations n’ont pas laissé indifférents les participants à la conférence organisée à Kinshasa. Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l’ONG Journaliste en danger (JED), a salué le travail de RSF tout en appelant les professionnels des médias à faire preuve de résilience face aux défis persistants.
De son côté, le directeur du bureau Afrique subsaharienne de RSF a formulé plusieurs recommandations à l’intention des États de la région. Il appelle notamment à mettre fin aux violences contre les journalistes, à ouvrir systématiquement des enquêtes en cas d’attaques, à poursuivre les auteurs afin de lutter contre l’impunité, mais aussi à garantir un environnement de travail sécurisé. RSF plaide notamment pour la fin des coupures d’internet, le soutien aux médias indépendants, ainsi que la protection et le retour sans risque des journalistes exilés.
Malgré ce constat préoccupant, une note d’espoir subsiste. Jeanne Lagarde souligne une légère amélioration de la position de la RDC dans le classement mondial de la liberté de la presse. Le pays occupe désormais la 133ᵉ place sur 180, une progression notable comparée aux années précédentes, où il stagnait autour de la 150ᵉ position depuis 2016.
Une évolution encourageante, mais encore insuffisante au regard des défis structurels et sécuritaires qui continuent de peser lourdement sur la liberté d’informer en RDC et dans toute la région des Grands Lacs.
Didier Ilunga
