RDC : Les défis du marché des titres du Trésor

Le marché des titres du Trésor constitue un moyen pour l’État congolais de mobiliser des ressources financières sur le marché intérieur. Ce mécanisme permet de solliciter les investisseurs pour financer une partie des dépenses publiques. Cependant, la planification des émissions et la diversification des investisseurs restent des défis à relever pour renforcer son efficacité.

Le marché repose principalement sur deux instruments : les bons du Trésor, généralement à court terme, et les obligations du Trésor, dont les échéances sont plus longues. En achetant ces titres, les investisseurs prêtent de l’argent à l’État, qui s’engage à rembourser le capital selon les conditions prévues et à verser les intérêts convenus.

Selon Shadrack Limono, analyste en finances publiques, le processus commence par l’identification des besoins de financement de l’État. Il se poursuit avec l’annonce de l’émission par le ministère des Finances, la réception des offres, la sélection des souscripteurs et, enfin, le remboursement des fonds mobilisés.

Toutefois, les résultats des émissions montrent que les montants recherchés ne sont pas toujours atteints. En 2026, une émission d’obligations du Trésor en dollars américains, lancée avec un objectif de 100 millions de dollars, a permis de mobiliser environ 67,7 millions de dollars. D’une durée de deux ans, ces obligations étaient assorties d’un taux d’intérêt annuel de 8 %.

Cette opération illustre les possibilités de financement offertes par le marché intérieur, mais aussi les difficultés rencontrées par l’État pour mobiliser la totalité des ressources recherchées.

Les données du premier bulletin trimestriel du marché des bons et obligations du Trésor indiquent qu’à fin juin 2025, l’encours global des titres publics atteignait 5 598,4 milliards de francs congolais, soit environ 2,3 % du produit intérieur brut.

Pour renforcer ce marché, Shadrack Limono estime qu’une meilleure planification des émissions est nécessaire. Selon lui, une organisation plus rigoureuse permettrait aux investisseurs de mieux anticiper les opérations et de participer davantage aux souscriptions.

L’analyste recommande également d’élargir la base des investisseurs, afin de ne pas dépendre essentiellement des banques. Il encourage ainsi la participation d’autres acteurs capables de contribuer au financement de l’État.

Le développement du marché des titres du Trésor représente donc un enjeu pour la mobilisation de l’épargne nationale. L’amélioration de la planification des émissions, la diversification des investisseurs et le renforcement de la confiance pourraient favoriser son expansion.

Pour la RDC, l’objectif est de consolider ce mécanisme de financement intérieur afin de mieux répondre aux besoins de l’État et de réduire progressivement sa dépendance aux ressources extérieures.

Daniella Kalala

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