La situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo a occupé une place importante dans les échanges menés lundi 14 septembre à Kinshasa par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, avec plusieurs responsables et partenaires internationaux. En l’espace d’une journée, quatre rencontres ont notamment permis d’aborder la réponse humanitaire, la lutte contre Ebola, le fonctionnement de la MONUSCO et les perspectives de coopération en matière de gouvernance.



Avec Damien Mama, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies en RDC et Coordonnateur humanitaire, les discussions ont porté sur la situation humanitaire dans l’Est du pays, après sa récente mission à Beni et Bunia. La réponse à l’épidémie d’Ebola a également été évoquée, tout comme les difficultés opérationnelles liées à la non-opérationnalité des aéroports de Goma et de Kavumu.
Ces contraintes compliquent notamment les déplacements et l’acheminement de l’assistance vers les populations affectées. Les deux parties ont ainsi insisté sur la nécessité de maintenir la continuité de l’aide humanitaire dans un contexte où les besoins restent importants.
La question de la sécurité et des mécanismes de paix a également été au centre de l’entretien entre Thérèse Kayikwamba Wagner et James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO. Les échanges ont notamment porté sur le mandat de la Mission, le Mécanisme conjoint de vérification élargi, la lutte contre Ebola et l’appui des Nations unies aux différents processus de paix en cours.
Pour Kinshasa, la coopération avec les Nations unies reste un élément important dans les efforts visant à renforcer la paix, la sécurité et la protection des populations civiles, alors que l’Est demeure confronté à une crise multidimensionnelle mêlant insécurité, déplacements de populations et urgences sanitaires.
À cette dimension humanitaire et sécuritaire s’ajoute celle de la gouvernance. La rencontre avec Constantin Grund, Représentant résident de la Fondation Friedrich-Ebert en RDC, a permis d’aborder le renforcement du partenariat dans plusieurs domaines, notamment la gouvernance démocratique, la participation des jeunes et des femmes, le leadership féminin et le dialogue social.
Enfin, la ministre d’État a reçu Maurice Azonnankpo, nouveau représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en RDC. Les discussions ont porté sur la situation des déplacés internes, le retour volontaire et digne des réfugiés congolais ainsi que les conséquences humanitaires de la crise sécuritaire dans l’Est.
À travers ces différentes rencontres, plusieurs dimensions d’une même crise apparaissent l’urgence humanitaire, la réponse sanitaire, les enjeux sécuritaires et les efforts en faveur d’une gouvernance plus inclusive. Pour le gouvernement congolais et ses partenaires, le défi consiste désormais à renforcer la coordination entre les différents acteurs afin de mieux répondre aux besoins des populations affectées et d’accompagner les efforts de paix et de stabilisation.
Chris Mutombo
