RDC–Italie : la diplomatie congolaise veut transformer le partenariat en actions concrètes

La République démocratique du Congo veut donner un nouvel élan à ses relations avec l’Italie. En visite officielle à Rome, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a multiplié les rencontres avec les autorités italiennes et du Saint-Siège, avant de se rendre ce jeudi 1er octobre à Venise pour visiter le premier pavillon congolais de l’histoire de la Biennale.

À Rome, les échanges avec le vice-président du Conseil des ministres et ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, ont porté sur plusieurs secteurs coopération politique, investissements, paix et sécurité, santé, culture et matières premières. Les deux parties ont notamment convenu de mettre en place un groupe de travail technique chargé de donner un contenu concret aux engagements annoncés.

Cette nouvelle dynamique s’inscrit notamment dans le cadre du Plan Mattei, qui fait de la RDC l’un des pays prioritaires de la stratégie italienne de coopération avec l’Afrique. Rome souhaite également renforcer la présence des entreprises italiennes en RDC, alors que les deux pays envisagent l’organisation d’un forum d’affaires consacré notamment à l’investissement, à l’agriculture et à la transformation locale.

L’enjeu économique apparaît donc important. Pour Kinshasa, il ne s’agit plus seulement de rechercher des partenariats, mais de favoriser des projets capables de produire des résultats dans le pays, notamment dans la transformation des ressources et le développement de secteurs productifs. Les discussions ont également ouvert la voie à un accord politique sur les matières premières critiques, un domaine qui intéresse particulièrement les économies industrielles.

Sur le plan sécuritaire, la RDC et l’Italie ont réaffirmé leur soutien aux efforts diplomatiques en cours pour la paix dans l’Est du pays, notamment les processus de Washington et de Doha ainsi que la médiation de l’Union africaine. Cette dimension donne à la relation bilatérale une portée qui dépasse les seuls échanges économiques. La RDC cherche à maintenir la question de sa sécurité parmi les priorités de son action diplomatique.

La santé constitue également un autre axe de cette coopération. L’Italie soutient la réponse à l’épidémie d’Ebola, avec une contribution annoncée lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Les autorités italiennes ont par ailleurs confirmé leur engagement dans des secteurs tels que l’agriculture, les transports, la santé et l’accès à l’eau.

Cette séquence diplomatique s’est également poursuivie au Vatican. Thérèse Kayikwamba Wagner a été reçue par Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États et les Organisations internationales. Les discussions ont porté sur la paix, la justice sociale et la protection des populations vulnérables. Kinshasa entend ainsi maintenir le dialogue avec un partenaire qui dispose d’une expérience importante dans les questions sociales et de paix en RDC.

Mais la mission de la cheffe de la diplomatie congolaise comporte aussi une dimension culturelle. Ce jeudi à Venise, elle a visité le premier pavillon consacré à la République démocratique du Congo dans l’histoire de la Biennale. Le pavillon congolais présente l’exposition « Simba Moto ! Seize the Fire ! Saisis le feu ! », réunissant neuf artistes de la RDC et de sa diaspora.

Cette présence à la Biennale constitue un autre volet du rayonnement international recherché par Kinshasa. Au-delà de la diplomatie classique, la culture devient un instrument de représentation du pays et de construction de son image à l’étranger. Les artistes congolais disposent ainsi d’un espace pour présenter d’autres récits de la RDC, à travers la création contemporaine et les expressions culturelles.

L’ensemble de ces activités montre donc une diplomatie congolaise qui cherche à travailler sur plusieurs fronts à la fois : politique, économique, sécuritaire, sanitaire, scientifique et culturel. La question centrale reste toutefois celle de la concrétisation. La signature d’accords, la création de groupes de travail ou l’annonce de forums ne produisent des effets durables que lorsqu’ils débouchent sur des projets, des investissements, des échanges et des résultats mesurables.

Pour la RDC, le défi est désormais de transformer cette nouvelle dynamique avec l’Italie en réalisations concrètes, tout en utilisant la coopération diplomatique et la culture comme des leviers complémentaires de son rayonnement international.

Chris Mutombo

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