La situation sécuritaire reste très préoccupante dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. En quelques jours, plusieurs attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont fait plus de vingt morts. Les victimes sont principalement des civils. Ces violences poussent de nombreuses familles à quitter leurs villages pour chercher refuge dans le centre-ville de Beni.
Les attaques se sont produites à trois reprises entre le 12 et le 16 juillet. La première a eu lieu dans la nuit du 12 au 13 juillet dans les quartiers Sayo et Matembo, situés dans la commune de Mulekera, à l’ouest de la ville de Beni. Selon les informations disponibles, des hommes armés, présentés comme des combattants des ADF, ont attaqué la population. Sept civils ont été tués. Trois militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont également perdu la vie après être tombés dans une embuscade.
Quelques jours plus tard, dans la nuit du 14 au 15 juillet, une autre attaque a frappé la cité de Mangina, située à environ 30 kilomètres au nord de Beni. Cette localité se trouve près de la frontière entre les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. D’après la société civile, quatre civils ont été tués lors de cette attaque.
La violence ne s’est pas arrêtée là. Le jeudi 16 juillet, Mangina a de nouveau été attaquée. Cette fois, le bilan est encore plus lourd. Au moins dix civils ont été tués à l’arme blanche. Des responsables de la société civile parlent même de onze morts. Les équipes de secours poursuivent leurs recherches dans les zones touchées, ce qui signifie que le nombre de victimes pourrait encore augmenter.
Ces nouvelles attaques ont provoqué un important déplacement de population. Craignant de nouvelles violences, de nombreux habitants ont abandonné leurs maisons pour rejoindre le centre-ville de Beni, considéré comme plus sûr. Plusieurs familles arrivent avec très peu de biens et espèrent trouver un endroit où passer la nuit en sécurité.
Les ADF sont un groupe armé actif depuis plusieurs années dans l’est de la RDC. Ils sont accusés d’être responsables de nombreux massacres contre les populations civiles dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Malgré les opérations militaires menées par les FARDC avec l’appui de l’armée ougandaise, le groupe continue de mener des attaques meurtrières contre les villages et les localités de la région.
Face à cette nouvelle vague de violences, les habitants demandent un renforcement de la sécurité et une meilleure protection des populations civiles. Les organisations de la société civile appellent également les autorités à renforcer les opérations de sécurisation afin d’éviter de nouveaux massacres.
Cette série d’attaques rappelle que, malgré les efforts militaires engagés, la paix reste fragile dans le territoire de Beni. Pour les habitants, la priorité reste aujourd’hui de retrouver la sécurité et de pouvoir vivre sans la menace permanente des groupes armés.
Chris Mutombo
