Célébrée chaque 15 mai à travers le monde, la Journée internationale des familles, instituée par les Nations unies, rappelle l’importance de la cellule familiale dans la construction d’une société équilibrée. Cette journée met particulièrement en lumière les valeurs de solidarité, d’éducation, de protection et de cohésion sociale portées par la famille, considérée comme le premier cadre de vie et d’apprentissage de chaque individu.
En République démocratique du Congo, cette commémoration intervient dans un contexte marqué par de nombreux défis sociaux et humanitaires, notamment dans l’Est du pays où l’insécurité demeure persistante. Depuis plusieurs années, les affrontements armés et les violences répétées ont provoqué le déplacement massif des populations, obligeant des milliers de familles à abandonner leurs villages et leurs biens pour chercher refuge dans des zones plus sécurisées.
Selon les chiffres communiqués par le gouvernement congolais et les organisations humanitaires, plus de six millions de personnes vivent actuellement en situation de déplacement interne dans l’Est de la RDC. Derrière ces statistiques se cachent des familles séparées, des enfants privés de scolarité ainsi que des parents confrontés à d’importantes difficultés pour assurer la survie de leurs proches.
Dans plusieurs camps de déplacés, les conditions de vie restent particulièrement précaires. Le manque d’accès à l’eau potable, aux soins de santé, à l’alimentation et aux infrastructures scolaires complique davantage le quotidien des familles affectées par les conflits. Certaines sont hébergées par des familles d’accueil déjà fragilisées économiquement, accentuant ainsi la pression sociale et financière au sein des communautés.
Malgré ces difficultés, la famille continue d’être perçue comme un pilier essentiel de stabilité et d’encadrement social. Pour plusieurs observateurs et acteurs sociaux, un environnement familial stable joue un rôle important dans la prévention des comportements déviants chez les jeunes. La présence des parents et l’éducation familiale contribueraient notamment à réduire la délinquance, la violence urbaine, la consommation de stupéfiants ainsi que d’autres formes de marginalisation.
Des spécialistes estiment également que la fragilisation des structures familiales, causée par les conflits et la pauvreté, a des conséquences directes sur l’équilibre social du pays. Les déplacements répétés, la perte des moyens de subsistance et le traumatisme vécu par de nombreuses familles exposent davantage les enfants et les adolescents à diverses formes de vulnérabilité.
À l’occasion de cette Journée internationale des familles, plusieurs organisations humanitaires, acteurs de la société civile et responsables communautaires appellent ainsi au renforcement des efforts de paix et des actions humanitaires en faveur des populations affectées. Ils plaident notamment pour une amélioration des conditions de vie dans les zones touchées par les conflits, ainsi qu’un meilleur accompagnement des familles déplacées.
Au-delà de la célébration symbolique, cette journée constitue également un rappel de la nécessité de protéger la famille congolaise face aux multiples crises qui secouent le pays. Car pour de nombreux acteurs sociaux, préserver la famille revient à préserver l’avenir de la nation.
MYRIAM LIKIYO
