Informer devrait être un droit fondamental, protégé comme l’un des piliers essentiels de toute démocratie digne de ce nom. Pourtant, en 2026, exercer le métier de journaliste ressemble de plus en plus à un parcours d’obstacles, parfois à une condamnation, trop souvent à une mise en danger permanente.
Le dernier classement mondial de Reporters sans frontières dresse un constat alarmant : jamais, depuis vingt-cinq ans, la liberté de la presse n’a été aussi faible dans le monde.
Pour la première fois depuis la création de cet index il y a vingt-cinq ans, 52,2 % des pays du monde sont classés dans les catégories « difficile » ou « très grave ». En 2002, ils n’étaient que 13,7 %. La dégradation est spectaculaire, presque brutale.
La RDC est classée à la 130ᵉ place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse, édition 2026 selon le rapport de cette organisation internationale Reporters sans frontières.
Pour l’ONG Reporters sans frontières, ce classement est justifié par l’intensification du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC)
À partir de ces statistiques, la République démocratique du Congo a gagné trois places en matière de liberté de la presse, alors qu’elle occupait la 133ᵉ place au monde en 2025. Ce qui marque une avancée légère mais significative dans un contexte où une partie du territoire congolais est occupée par les rebelles de l’AFC-M23.
À en croire ce même rapport, ces trois places ne signifient pas une amélioration des conditions de travail des journalistes, car, poursuit RSF, la RDC, le Rwanda et le Burundi figurent parmi les pays des Grands Lacs où les journalistes sont victimes de détentions arbitraires dans l’exercice de leur travail.
En un an, près d’une centaine de journalistes ont dû fuir la région pour échapper aux menaces et aux représailles. Deux d’entre eux ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, d’autres ont été directement menacés, tandis que plusieurs médias ont été pillés ou occupés. RSF souligne également que l’AFC/M23 exerce un contrôle strict sur l’information, allant jusqu’à interdire l’usage du terme « occupation » dans les zones sous son autorité, via son département Communication.
Cette pression croissante illustre un climat de peur et de censure qui fragilise le travail journalistique dans les Grands Lacs.
RSF dans son rapport publié, le 26 mars 2026 à Kinshasa souligne que la situation des journalistes dans cette région est désormais menacée par un contrôle accru et des violences répétées.
Notons que la liberté d’informer devient une espèce menacée. Le score moyen mondial n’a jamais été aussi bas. La carte de RSF se colore de rouge année après année, comme si la planète entière avait décidé qu’être mal informé était finalement un projet politique acceptable.
Didier ILUNGA
