Hydrocarbures : La RDC prépare un dispositif de traçabilité contre la fraude pétrolière

Le gouvernement congolais prépare le lancement d’un projet pilote destiné à renforcer le contrôle des produits pétroliers et à lutter contre la fraude dans le secteur aval des hydrocarbures. Le dispositif doit prioritairement concerner les corridors d’approvisionnement du Sud et de l’Est de la République démocratique du Congo.

Une réunion interministérielle consacrée à cette question s’est tenue mardi 29 septembre à Kinshasa, au ministère des Hydrocarbures, sous la présidence de la ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo. Des représentants de la Primature, des ministères de l’Économie nationale et des Finances, ainsi que de la DGDA, de la DGRAD et du Secrétariat général aux Hydrocarbures ont pris part aux échanges.

Au centre des discussions : la mise en œuvre d’un système permettant de mieux suivre les mouvements des produits pétroliers, depuis leur origine jusqu’à leur destination en RDC. Le dispositif doit notamment couvrir les approvisionnements en provenance de la Tanzanie, de la Zambie, du Zimbabwe et de l’Afrique du Sud.

Pour ce projet pilote, le gouvernement prévoit de s’appuyer sur deux mécanismes complémentaires. Le premier est SIGOIL, une plateforme informatique développée avec Swiss Authentis, destinée à centraliser les données relatives au secteur pétrolier aval et à permettre leur suivi.

Le second volet repose sur l’intervention d’Intertek, notamment à travers l’utilisation de scellés électroniques équipés de dispositifs GPS et GSM. Ceux-ci doivent permettre de suivre les camions-citernes pendant leur trajet, depuis les pays d’origine et les points d’entrée jusqu’aux lieux de dépotage en RDC.

Selon Guillaume Chaize, directeur général de Swiss Authentis, la plateforme SIGOIL est le résultat d’un processus de préparation engagé depuis environ une année. Il précise que le système doit permettre au ministère des Hydrocarbures de disposer des données du secteur et de renforcer les mécanismes de contrôle.

Intertek doit, de son côté, assurer des opérations d’inspection, de contrôle et de certification, ainsi que la pose et le suivi des scellés électroniques. Pour son manager régional, Marcel Compaoré, le dispositif doit contribuer au contrôle des produits entrant sur le territoire congolais et à leur acheminement.

L’enjeu pour les autorités est notamment de réduire les circuits de commercialisation illicite des produits pétroliers et les pertes de recettes qui en découlent. Le croisement des données recueillies sur le terrain avec celles enregistrées dans le système informatique doit également faciliter la détection d’éventuelles irrégularités.

La phase pilote doit permettre aux autorités d’évaluer le fonctionnement du dispositif avant une éventuelle extension à d’autres zones du pays.

Héritier Lelo

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