Expansion de nouveaux projets pétroliers et miniers dans le Couloir vert Kivu – Kinshasa : Deux ONG environnementales saisissent le Président Tshisekedi pour solliciter un moratoire 

L’arrêt de nouveaux projets pétrolier, gazier et minier dans le Couloir Vert entre le grand Kivu (Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema) et Kinshasa a été sollicité auprès du président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, par deux organisations internationales, pour assurer la protection environnementale, selon une lettre ouverte dont la copie est parvenue dimanche à Geopolis Hebdo. En effet, Greenpeace Afrique et le Mouvement pour la Justice Climate (MJC) ont publié le 20 septembre 2026 une lettre ouverte adressée au président de la RDC, l’appelant à prendre des mesures concrètes pour protéger l’intégrité du Couloir Vert Kivu-Kinshasa face à l’expansion de nouveaux projets pétroliers, gaziers et miniers. 

‎Le couloir vert Kivu-Kinshasa représente une véritable aubaine tant pour la protection de l’écosystème que pour la promotion d’une économie verte pour les populations environnantes et les investisseurs. 

‎A en croire notre source, ” Les permis miniers couvrent 12,3 millions d’hectares, soit 23 % de la superficie du Couloir Vert, mettant 3,4 millions d’hectares d’aires protégées à risque. Par ailleurs, 72 % du Couloir Vert est couvert par 28 blocs pétroliers. Cette pression concerne également des écosystèmes sensibles, notamment les forêts primaires, les tourbières, les forêts des communautés locales et les territoires traditionnels des Peuples Autochtones. ”

Moratoire sur l’expansion de nouveaux projets 

‎Ces chiffres ne signifient pas que 72 % du Couloir vert sont actuellement exploités. Ils décrivent des superpositions géographiques identifiées par Greenpeace, sur lesquelles l’organisation fonde son appel.

‎De son côté, la RDC présente le Couloir vert comme un projet destiné à associer conservation du Bassin du Congo et développement économique, notamment autour de l’agriculture, des énergies renouvelables et de la logistique. Mais une question mérite donc d’être posée : Comment concilier la protection du Couloir vert, l’exploitation des ressources naturelles et les besoins de développement de la RDC ? Faut-il exclure tout nouveau projet extractif du Couloir vert ou définir des conditions environnementales strictes permettant certaines activités ? Difficile de répondre à cette question à ce stade. 

‎Greenpeace Afrique et ses partenaires appellent le Président Tshisekedi à un moratoire sur les nouveaux projets extractifs dans le Couloir Vert Kivu-Kinshasa. Cet appel intervient à la veille de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies et de Climate Week NYC, alors que la RDC – dont la délégation est conduite à New York par la Première Ministre, cheffe du Gouvernement, Judith Tuminwa Tuluka – s’apprête une nouvelle fois à défendre sur la scène internationale son ambition de ” Pays-Solution ” face aux crises climatique et environnementale. 

‎Il sied de rappeler que le Couloir vert Kivu-Kinshasa, c’est cette vaste aire protégée créée en 2025 et présentée par les autorités congolaises comme une réserve communautaire de plus de 544 000 km².

‎L’idée affichée est ambitieuse : protéger la biodiversité et les forêts, contribuer à la lutte contre le changement climatique, développer une économie verte et améliorer les moyens de subsistance des populations vivant dans ces territoires.

‎Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa ambitionne de créer 500 000 emplois supplémentaires d’ici 2030, notamment pour les populations locales et particulièrement les jeunes. Mais alors que le projet commence déjà à se concrétiser dans certaines zones, notamment en Ituri et en Tshopo, une question mérite d’être posée : Où est la porte d’entrée de la jeunesse locale vers ces 500 000 opportunités ? La jeunesse locale ne devrait pas être uniquement spectatrice d’un projet qui se développe sur son territoire.

Dieudonné Buanali

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