Électricité en RDC : Le gouvernement crée un Service national de dispatching

Le gouvernement congolais franchit une nouvelle étape dans la réforme du secteur de l’électricité. Réuni en Conseil des ministres, l’exécutif a adopté un projet de décret portant création, organisation et fonctionnement d’un établissement public dénommé Service national de dispatching (SND), sur proposition du ministre des Ressources hydrauliques et Électricité.


Cette structure, présentée comme un instrument stratégique de régulation technique, devra assurer le pilotage centralisé des flux énergétiques sur l’ensemble du territoire national.

À travers cette initiative, les autorités entendent renforcer la stabilité du réseau électrique national, améliorer la gestion de l’énergie produite et limiter les pertes économiques liées à l’absence d’un système coordonné de contrôle.


Selon les explications fournies au Conseil, le projet s’inscrit dans le cadre de l’application des dispositions de la loi relative au secteur de l’électricité, modifiée à ce jour. Le Service National de Dispatching aura notamment pour mission d’assurer la supervision technique du réseau, le pilotage des flux énergétiques, la sûreté des installations, ainsi que l’arbitrage technique entre les différents acteurs du secteur.

Dans un pays confronté à d’importants défis énergétiques malgré son immense potentiel hydroélectrique, cette réforme apparaît comme une tentative de modernisation de la gouvernance électrique. Le manque de coordination entre les producteurs, les transporteurs et les distributeurs d’électricité entraîne régulièrement des déséquilibres dans la fourniture du courant, des pertes techniques importantes et des interruptions de service.


Le gouvernement estime que l’opérationnalisation du Service national de dispatching permettra de mettre fin à plusieurs dysfonctionnements structurels. Grâce à un système de contrôle centralisé et systémique, les mouvements d’énergie pourront être rationalisés et mieux répartis entre les différentes zones de consommation.

Les autorités évoquent également des gains économiques considérables. L’absence d’un véritable centre national de dispatching a souvent favorisé des pertes financières liées à une mauvaise gestion des flux électriques, aux surcharges du réseau et à certaines défaillances techniques.
Le nouvel établissement public devra ainsi contribuer à une utilisation plus optimale de l’énergie produite, dans un contexte où la demande nationale reste largement supérieure à l’offre disponible.

Au-delà du volet technique, le SND jouera aussi un rôle institutionnel important. Il servira d’outil d’appui à la régulation du secteur électrique congolais, appelé à accueillir davantage d’investisseurs privés depuis la libéralisation progressive du marché de l’électricité. L’objectif affiché est de disposer d’un mécanisme moderne capable de garantir la transparence, la stabilité du réseau et la coordination des opérations énergétiques.


Cette réforme intervient alors que la RDC multiplie les annonces autour de la modernisation de ses infrastructures énergétiques et de l’amélioration de l’accès à l’électricité. Malgré les immenses capacités hydroélectriques du pays, le taux de desserte électrique demeure encore faible dans plusieurs provinces, tandis que les coupures récurrentes continuent d’affecter les ménages et les activités économiques.

Patrick Ilunga

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