La République démocratique du Congo est en train d’achever un premier cycle de son histoire minière. Pendant près dedeux décennies, le pays s’est imposé comme une puissance extractive mondiale, portée par le cuivre, le cobalt, le lithium et d’autres minerais stratégiques. Cette étape a permis d’attirer des investissements considérables et de faire de la RDC unacteur central de la transition éner-gétique.Mais une nouvelle question s’impose désormais comment transformer cette puissance extractive en puissance industrielle ?
Le défi qui s’ouvre est celui de la
transformation locale. Les autorités semblent en avoir pris la mesure en faisant de la création de chaînes de valeur, du contenu local et de l’industrialisation des priorités nationales.
Cette orientation est la bonne. Encore faut-il lui donner les moyens de réussir.
La transformation locale ne se décrète pas. Elle exige une énergie abondante, des infrastructures performantes, des compétences qualifiées, un environnement des affaires stable, un financement de l’industrie et une vision stratégique portée avec constance par l’État. Transformer un minerai est moins une opération industrielle qu’un choix de politique économique.
C’est ici que s’impose ce que l’on pourrait appeler le triptyque extractif. Le premier âge consiste à extraire les ressources. Le deuxième consiste à les transformer sur le territoire national afin de créer davan-
tage de valeur et d’emplois. Le troisième, souvent oublié mais décisif, consiste à innover, en développant des technologies, des compétences, des centres de recherche et des industries capables de concevoir les produits de demain.
La véritable richesse ne réside donc pas dans le minerai lui-même, mais dans la capacité d’un pays à maîtriser l’ensemble de cette chaîne de valeur. Les États qui dominent l’économie mondiale ne sont pas nécessairement ceux qui possèdent les ressources; ce sont ceux qui savent
les transformer et les convertir en innovations.
La RDC dispose aujourd’hui d’une occasion historique. Après l’âge de l’extraction, elle peut ouvrir celui de la transformation. Demain, elle devra viser celui de l’innovation. C’est à cette
condition que ses immenses richesses naturelles deviendront enfin une richesse durable pour sa population.
William – Albert Kalengay
