Pendant la période des vaches grasses, la société Namoya Mining, mine de classe mondiale opérée à l’époque par le canadien Banro Mining Corporation avant la reprise des hostilités à l’Est de la République démocratique du Congo et les multiples cessions sans retombées ni pour l’État congolais, ni pour les populations riveraines, produisait quatre à cinq (4 à 5) tonnes d’or par an et la province aurifère du Maniema bénéficiait, par ricochet, de plus de 500.000 dollars américains par an en termes des redevances minières, impôts et taxes. Informations confirmées par des sources concordantes. Actuellement, la production est à l’arrêt à cause de la geurre et de l’éternel conflit judiciaire qui oppose devant les cours et tribunaux la société Shomka Resources de l’ancien Vice-ministre national des Mines, Victor Kassongo Shomary (Partie adverse), à une autre société dénommée Strategos Mining (Gérant actuel/prétendu gestionnaire de la mine).

A qui appartient réellement la mine de Namoya Mining aujourd’hui et à quand la relance de ses activités afin de booster le développement socio-économique de la province du Maniema ? Quelle est la politique, mieux la stratégie, envisagée par l’Exécutif central pour sa relance ?
Depuis le Gouvernorat de la province du Maniema, perchée sur l’une des collines du centre-ville de Kindu, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a répondu à ces épineuses questions de la presse sans atermoiements à l’issue de l’audience lui accordée, le mercredi 22 avril 2026, dans l’après-midi, par le Gouverneur de province, Moïse Moussa Kabwankub.
” La politique, elle est simple. Nous avons nos Lois et nos Règlements (Ndlr : La Loi n°18/001 du 09 mars 2018 modifiant et complétant la Loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code Minier et du Règlement minier). Chacune de ces sociétés citées a signé avec l’État congolais un document avec des engagements contractuels clairs. Nous allons examiner (revisiter) de nouveau ces engagements pour essayer de savoir quelle partie n’a pas respecté les siens et qui les a respecté et justice sera faite ! Et bien entendu, ceux qui n’ont pas respecté leurs devoirs, les permis d’exploitation leur seront retiré conformément aux lois de la République. Et puis, nous allons chercher dans le monde des affaires des gens qui sont plus méritants et capables de relancer cette société aurifère. ”, a annoncé le patron aux Mines.
Poir la petite histoire, Shomka Resources, côté à la bourse de Hong-Kong, avait acquis des actifs de Banro Corporation Ltd, les 23 et 28 avril 2021, sur base de 4 jugements rendus par le tribunal de commerce de Kinshasa/Gombe sous RFC 125 pour Kamituga mining SA, RFC 126 pour Banro Congo mining SA, RFC 127 pour Namoya mining SA et RFC 128 pour Lugushwa mining SA.
Shomka Resources avait pourtant déjà mûri des projets pour la résilience socio-économique des régions enclavées du Maniema et Sud-Kivu. De l’avis des experts, l’or jaune peut booster l’industrie de l’or vert dans les deux provinces. Actuellement, les cultures du café, du cacao, du coton… sont à l’abandon. Une fois remise en activité, Banro aurait pu les réactiver et ses camions qui emmènent des intrants pour l’industrie aurifère n’allaient pas retourner vides.
Quand les (deux) éléphants se battent, ce sont les herbes qui en souffrent, dit-on. Dans cet imbroglio judiciaire, les deux éléphants ici sont les sociétés Shomka Resources et Strategos. Et les herbes ? Ce sont l’État congolais, les populations du Maniema et surtout, les communautés riveraines de Namoya Mining – située dans le territoire de Kabambare et fermée depuis septembre 2019 – victimes de ce conflit dont les tireurs des ficelles sont connus de tous.
A l’issue des audiences accordées aux filles et fils du Maniema, le ministre Louis Watum a émis le vœu de voir cette province prendre son envol de la résilience grâce à ses actifs miniers à l’image du Haut-Uélé où la collaboration entre la province et Kibali Goldmines a boosté diverses activités socio-économiques.
Louis Watum Kabamba a la lourde mission de poursuivre le plaidoyer lors du prochain Conseil des Ministres pour que la justice congolaise débloque ce dossier et facilite le retour de la production afin de booster l’économie locale.
Dans la foulée, le ministre des Mines annoncé la convocation prochaine de deux parties en conflit afin de mettre fin à ce spectacle désolant qui ne profite à personne. A bon entendeur, salut !
Dieudonné Buanali
