Dialogue national : Aaron Mukula pose ses lignes rouges et réclame la fin des seigneurs de guerre

La Coalition des Patriotes Congolais pour la défense des institutions (CP64 alinéa 2) apporte son soutien au dialogue national annoncé par le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, mais fixe ses conditions. Dans un entretien accordé à Geopolis Hebdo le 30 août 2026, son président, Aaron Mukula Badu Ebaal Isem, estime que le Chef de l’État a répondu aux principales exigences de sa plateforme en privilégiant un dialogue « purement national et souverain ». Il insiste toutefois sur une ligne rouge : l’inclusivité ne doit pas se transformer en impunité. Pour la CP64 alinéa 2, ces assises doivent déboucher sur un véritable accord de paix et mettre fin au cycle des rébellions en RDC.

Un format qui répond aux attentes

La CP64 alinéa 2 semble avoir trouvé dans le discours de président Félix Tshisekedi plusieurs éléments correspondant à ses revendications antérieures. Pour Aaron Mukula, l’annonce présidentielle constitue même une réponse directe aux conditions posées par sa plateforme. « Le Chef de l’État Félix Tshisekedi a répondu aux conditions voulues par la Coalition des Patriotes Congolais pour la défense des institutions, CP64 alinéa 2, pour un dialogue purement national », répond t-il à la question de Geopolis Hebdo avant d’ajouter que la CP64 alinéa 2 a, dans ses différentes sorties médiatiques, présenté le format du dialogue annoncé par le président de la République.

“Nous pouvons dire que son allocution est une réponse à nos souhaits. Et nous sommes satisfaits”, soutient-il. Cette satisfaction repose notamment sur les garanties annoncées par le Chef de l’État en matière de participation et de cohésion nationale.

L’inclusivité, mais pas au prix de l’impunité

Sur ce point, Aaron Mukula retient particulièrement les propos de Félix Tshisekedi sur les critères d’inclusion au dialogue. « Les réponses les plus importantes sont lorsque le président Félix Tshisekedi dit qu’ils ne seront pas à la table du dialogue car leur place est en prison », rapporte-t-il.

Dans le même temps, il salue le principe selon lequel les Congolais ne devraient pas être écartés en raison de leurs opinions ou de leur appartenance. « Il souligne que nul ne sera exclu en raison de ses opinions, de ses critiques, de son appartenance politique, de son origine provinciale, de sa langue, son ethnie ou sa religion. Ici est la réponse à notre préoccupation sur la cohésion nationale », explique-t-il.

Mais cette ouverture doit, selon lui, s’accompagner d’une distinction claire entre l’opposition politique et la prise d’armes contre l’État. Aaron Mukula s’appuie notamment sur une autre déclaration du Président : « Nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la nation tout en prenant les armes contre elle. »

Une position que le président de la CP64 alinéa 2 associe directement aux acteurs de l’AFC-M23. « Nous considérons que ce dernier paragraphe est la riposte contre les Congolais des mauvaises qualités regroupés dans l’AFC-M23 qui conspirent contre leurs frères pour les intérêts des agresseurs dont le Rwanda de Paul Kagame », affirme-t-il. Pour ce faire, il en tire une conclusion politique et judiciaire « Ils ne seront pas sur la table du dialogue national, car la place est les prisons. C’est la raison pour laquelle nous sommes pour la justice transitionnelle. »

« Le dialogue ne sera pas une blanchisserie »

Cette exigence de justice constitue précisément la principale ligne rouge de la CP64 alinéa 2. Aaron Mukula assure que le soutien au dialogue ne signifie aucunement un abandon de cette revendication. « Non, notre position reste la même. Pour la CP64 alinéa 2, le dialogue annoncé ne sera pas une blanchisserie comme il a été le cas précédemment », prévient-il.

Le responsable de la plateforme réclame ainsi que les responsabilités soient établies avant ou parallèlement au processus politique. « Que tous ceux qui ont le sang des Congolais dans leurs mains sachent qu’ils seront jugés pour leurs crimes et ils ne seront pas à la table », martèle-t-il.

Poursuivant sur cette question, Aaron Mukula estime que le passé des conflits congolais ne peut être évacué au nom de la recherche d’un compromis politique. « L’histoire de la RDC est sombre à cause de ces compatriotes qui ont endeuillé de nombreuses familles”, affirme-t-il. Pour lui, le Président de la République a déjà posé le principe qui doit guider les assises : « Le président de la République a été clair là-dessus, car ils ne répondent pas aux critères des patriotes. »

La CP64 alinéa 2 annonce sa participation

Malgré ces réserves et exigences, la plateforme ne compte pas boycotter le processus. Bien au contraire, Aaron Mukula confirme sa volonté d’y prendre part. « Oui, la CP64 alinéa 2 participera au dialogue national à venir », a-t-il annoncé.
Cette participation est directement liée au caractère national du processus. « Nous prenons pour les assises purement nationales et souveraines telles que présentées par le président de la République », a précisé ce leader d’opinion.

Pour Aaron Mukula, le lieu et la conduite du dialogue constituent également des éléments essentiels de sa légitimité. « Le dialogue se tiendra en République démocratique du Congo et sera supervisé par les institutions du pays », a-t-il rappelé ce discours du Chef de l’Etat.

Mettre fin au cycle des rébellions

Au-delà de la participation des différentes composantes politiques, la CP64 alinéa 2 entend donner au dialogue une portée plus large. Aaron Mukula espère que ces assises permettront de rompre avec les pratiques politiques qui, selon lui, entretiennent les conflits armés. « Nous espérons que le prochain dialogue enseignera la moralité et le patriotisme aux générations à venir puisqu’il scellera le sort de ceux qui ont la culture de la rébellion », a souligné Aaron Mukula Badu avant de poursuivre que ce dialogue « mettra fin au cycle répétitif de guerres au pays. Ça sera la fin des seigneurs de guerre. »

Un accord de paix comme objectif final

Au bout du processus, la CP64 alinéa 2 ne souhaite donc pas seulement voir émerger un compromis entre acteurs politiques. Elle réclame un engagement plus global sur l’avenir de la RDC. « Nous attendrons de ces assises annoncées un véritable accord de paix qui tranchera sur l’avenir du pays », indique Aaron Mukula.

Cet accord devrait, selon lui, permettre de sortir du cycle des crises successives. « Un accord qui mettra fin au jeu de ping-pong de crise en RDC. Un accord qui renforcera la souveraineté », conclut-il.

Entre soutien au dialogue, exigence de souveraineté et revendication de justice, la CP64 alinéa 2 entend donc participer aux prochaines assises tout en défendant une ligne claire le dialogue doit servir à construire la paix, et non à effacer les responsabilités liées aux violences qui ont marqué l’histoire récente de la RDC.

Cette version est davantage conçue pour une page de journal ou de magazine les questions ont disparu, les réponses sont intégrées au récit, et les citations servent à porter les positions d’Aaron Mukula.

José-Junior Owawa

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