La troisième Conférence annuelle du Comité Congolais des Grands Barrages (CCGB) s’est tenue du 27 au 29 août 2026 à Kolwezi, réunissant des experts, des dirigeants de l’industrie, des institutions publiques et des professionnels des infrastructures pour discuter de la sécurité des barrages, de la gouvernance des risques et de la gestion durable des ressources.



Parmi les contributions mises en lumière lors de la conférence figurait celle de MMG Kinsevere, qui a partagé les enseignements tirés de son expérience dans la gestion des installations de stockage des résidus miniers (TSF), avec un accent particulier sur la construction de ces infrastructures, en lien avec le thème retenu pour l’édition de cette année.
Alors que la République démocratique du Congo renforce sa position parmi les principaux producteurs mondiaux de cuivre et de cobalt, la gestion responsable des résidus miniers devient un sujet de plus en plus important dans les discussions sur l’avenir de l’industrie minière.
Autrefois considérées principalement comme des infrastructures techniques, les installations de stockage des résidus occupent désormais une place centrale dans les débats portant sur la sécurité, la protection de l’environnement et la durabilité des opérations.
Une expérience fondée sur la réalité opérationnelle
La présentation de MMG Kinsevere s’est distinguée par son approche pratique. L’exploitation gère actuellement quatre installations de stockage des résidus miniers à différents stades de leur cycle de vie. Alors que TSF1 est actuellement inactive, TSF2 et TSF3 demeurent opérationnelles, et TSF4 est en cours de développement. Parallèlement, les équipes poursuivent le rehaussement de TSF3 afin de répondre aux besoins de l’usine de traitement des sulfures de cuivre de Kinsevere.
Cette réalité opérationnelle a permis à l’entreprise de développer une approche intégrée couvrant chaque étape du cycle de vie de ces installations, depuis la caractérisation du site et les études d’ingénierie jusqu’à la fermeture et à la réhabilitation. Ces travaux s’appuient sur des investigations géotechniques, hydrologiques, hydrogéologiques et géochimiques détaillées, destinées à garantir la stabilité des infrastructures sur le long terme. Planifier à l’avance pour renforcer la sécurité
L’un des principaux enseignements partagés lors du CCGB a été l’importance de la planification à long terme.
À Kinsevere, les projets de rehaussement des installations de stockage des résidus nécessitent plusieurs mois de préparation, incluant les études techniques, l’approvisionnement en matériaux, l’attribution des contrats et la mobilisation des entreprises prestataires.
L’expérience du site a également démontré l’importance de la saisonnalité dans la réalisation des projets.
La conduite des principales activités de construction pendant la saison sèche contribue à réduire les retards et à préserver les capacités de stockage nécessaires au maintien des opérations minières.
Qualité, gouvernance et gestion des risques
Les échanges ont également mis en évidence le rôle essentiel de la qualité tout au long des phases de construction et d’exploitation des installations de stockage des résidus.
À Kinsevere, toute modification apportée pendant la construction fait l’objet d’une évaluation rigoureuse afin de garantir sa conformité aux objectifs de conception et aux exigences de sécurité, dans le cadre d’un processus approprié de gestion du changement. Une supervision technique continue, des contrôles qualité et une documentation complète constituent des éléments fondamentaux de cette approche.
La gestion responsable de l’eau a constitué un autre thème majeur. Les équipes concentrent leurs efforts sur le recyclage de l’eau, le contrôle des infiltrations, le suivi des eaux souterraines et la gestion des risques géochimiques associés aux résidus miniers. L’objectif est de garantir une utilisation responsable des ressources en eau tout en protégeant les écosystèmes environnants.
Pour soutenir ces efforts, MMG Kinsevere applique les principes du Global Industry Standard on Tailings Management (GISTM), ainsi que des systèmes d’assurance qualité et des revues techniques indépendantes destinés à renforcer la gouvernance et la gestion des risques tout au long du cycle de vie de ses installations.
« La gestion responsable des résidus miniers commence bien avant la construction et se poursuit pendant l’exploitation, la fermeture et la réhabilitation. En planifiant l’ensemble du cycle de vie, nous pouvons renforcer la sécurité des infrastructures, protéger l’environnement et soutenir des opérations durables tout en contribuant à faire progresser les pratiques du secteur en RDC », a déclaré Gaby Yalala, Superintendent TSF chez MMG Kinsevere.
Contribuer à une réflexion plus large pour le secteur
Au-delà de son contenu technique, la contribution de MMG Kinsevere reflétait l’objectif même du CCGB : créer des opportunités permettant aux experts, exploitants et décideurs de partager leurs expériences et de renforcer collectivement les normes de sécurité et de gouvernance.
Alors que la demande mondiale en minerais critiques continue de croître, la compétitivité du secteur minier congolais dépendra non seulement de ses performances opérationnelles, mais également de sa capacité à gérer les risques de manière responsable et durable.
En partageant son expérience à Kolwezi, MMG Kinsevere a démontré que la gestion responsable des résidus miniers n’est plus simplement une exigence technique. Elle est devenue une question de confiance, de crédibilité et de durabilité à long terme pour l’industrie minière en République démocratique du Congo.
José-Junior Owawa
