Le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a effectué le samedi 21 février 2026 une mission d’inspection à Mbandaka, dans la province de l’Équateur, afin d’évaluer les travaux et la mise en service du système de balisage lumineux de l’aéroport national. La visite s’est tenue en présence du gouverneur de province, Bobo Boloko Bolumbu, du Directeur général ad intérim de la Régie des Voies Aériennes (RVA), Louis-Blaise Londole, ainsi que d’autorités locales.
À l’issue de la mission, il a été confirmé que l’aéroport est désormais opérationnel de jour comme de nuit, grâce à l’installation du balisage lumineux.
Si cette avancée constitue un progrès technique indéniable, elle soulève également des questions économiques et structurelles plus larges sur le financement et la soutenabilité de la modernisation aéroportuaire en République démocratique du Congo.
Une amélioration technique à fort impact économique local
L’opérationnalisation nocturne de l’aéroport de Mbandaka représente un gain stratégique pour la province de l’Équateur. En permettant des vols en dehors des plages diurnes, elle : accroît la flexibilité des compagnies aériennes ; améliore la gestion des rotations ; réduit les coûts liés aux retards et aux déroutements ; renforce l’attractivité de la destination pour les opérateurs économiques.
Dans un pays aux infrastructures routières encore inégalement développées, le transport aérien demeure un levier essentiel d’intégration territoriale. Pour Mbandaka, carrefour fluvial et administratif, la continuité des opérations aériennes peut soutenir le commerce, les investissements et la mobilité des agents économiques. Cependant, l’impact économique réel dépendra du volume du trafic, de la régularité des vols et de la capacité des infrastructures connexes à suivre le rythme.
La question centrale : financement et rentabilité des infrastructures
La modernisation aéroportuaire en RDC repose en grande partie sur les ressources publiques et les recettes générées par la RVA. Or, le modèle économique des aéroports secondaires reste fragile.
Plusieurs défis se posent :
1. La maintenance et les coûts d’exploitation
L’installation d’un balisage lumineux implique des coûts récurrents : maintenance, énergie, pièces de rechange, formation technique. Sans un mécanisme financier stable, ces équipements risquent de se dégrader prématurément.
2. La viabilité financière des aéroports intérieurs
De nombreux aéroports provinciaux affichent un trafic limité. Leurs recettes issues des taxes d’atterrissage, de stationnement ou de passagers — ne couvrent pas toujours les coûts d’exploitation. La question d’un modèle de péréquation nationale ou de partenariats public-privé demeure ouverte
3. La conformité aux normes internationales
L’amélioration de la sécurité ne se limite pas au balisage. Elle suppose également des équipements de navigation, des systèmes de surveillance, des procédures certifiées et un personnel qualifié. L’alignement progressif sur les standards internationaux représente un investissement conséquent.
Modernisation ponctuelle ou réforme systémique ?
La mise en service du balisage à Mbandaka s’inscrit dans un programme plus large de réhabilitation des infrastructures aéroportuaires. Mais les observateurs soulignent que la modernisation durable du secteur nécessite : une planification nationale intégrée ; une gouvernance renforcée du secteur aérien ; une transparence accrue dans la gestion des recettes ; une stratégie d’investissement à long terme.
Au-delà de l’effet symbolique d’une inauguration, la véritable réussite se mesurera à la capacité du système à maintenir les équipements, à attirer des compagnies aériennes et à générer un trafic économiquement viable.
Sécurité aérienne et développement : un équilibre à construire
Dans un pays-continent comme la RDC, le transport aérien joue un rôle stratégique dans la cohésion nationale et le développement économique. Chaque avancée technique, comme celle constatée à Mbandaka, constitue un pas en avant.
Mais la modernisation aéroportuaire reste un chantier structurel qui exige des ressources stables, une gestion rigoureuse et une vision économique cohérente. La mise en service du balisage lumineux est une étape importante ; elle ne saurait cependant occulter les défis financiers et organisationnels qui conditionnent la sécurité et la performance globale du secteur aérien congolais.
Si vous le souhaitez, je peux proposer une version encore plus critique intégrant des comparaisons régionales ou une analyse chiffrée du secteur aérien congolais.
José-Junior Owawa
