La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a présidé, ce vendredi 6 novembre 2026, à la Cité de l’Union africaine, la 102ᵉ réunion du Conseil des ministres. Cette rencontre gouvernementale, organisée conformément à l’alinéa 2 de l’article 79 de la Constitution, a été consacrée à l’examen de plusieurs dossiers majeurs touchant à la situation sécuritaire, humanitaire, sanitaire, diplomatique et administrative de la République démocratique du Congo. Plusieurs projets de textes figuraient également à l’ordre du jour, traduisant la volonté du Gouvernement de poursuivre les réformes engagées dans différents secteurs de la vie nationale.

Au centre des échanges figurait d’abord l’évolution du contexte sécuritaire et humanitaire dans le pays. Face aux défis persistants auxquels la RDC est confrontée, notamment dans les zones affectées par l’insécurité, le Gouvernement devait procéder à une évaluation de la situation sur le terrain. Cette question demeure une priorité pour les autorités congolaises, dans un contexte où les besoins humanitaires restent importants et où la protection des populations civiles constitue un enjeu majeur. L’examen de ce dossier devait permettre aux membres du Gouvernement de faire le point sur les difficultés rencontrées et sur les réponses à apporter aux populations affectées.
Sur le plan sanitaire, la situation épidémiologique, particulièrement la riposte contre la maladie à virus Ebola, occupait également une place importante dans les discussions. Alors que la lutte contre cette épidémie exige une mobilisation constante des services sanitaires et des communautés, le Conseil devait examiner les mesures de sensibilisation et de mobilisation des populations. L’objectif est notamment de renforcer la prévention, d’encourager le recours rapide aux structures de prise en charge et de lutter contre les rumeurs et la désinformation susceptibles de compromettre les efforts sanitaires. La participation des communautés apparaît ainsi essentielle pour freiner la propagation de la maladie et améliorer l’efficacité de la riposte.
Au-delà des questions sécuritaires et sanitaires, le Gouvernement devait également se pencher sur un dossier diplomatique et économique d’importance : les négociations avec le Gouvernement ghanéen en vue de soutenir la candidature de la RDC pour accueillir le Bureau régional du Centre consultatif pour le règlement des différends entre les investisseurs et les États. Cette initiative représente un enjeu stratégique pour le pays, qui cherche à renforcer son positionnement dans les mécanismes internationaux de règlement des différends liés aux investissements. L’installation de cette structure sur le territoire congolais pourrait contribuer à accroître l’attractivité du pays, à consolider son rôle dans la coopération régionale et à rapprocher les mécanismes de règlement des différends des acteurs économiques africains.
Dans le même registre diplomatique, les membres du Gouvernement devaient examiner les retombées des activités menées par la RDC en marge de sa participation à la 63ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, organisée à Genève, en Suisse. Cette participation constitue une occasion pour le pays de présenter ses positions sur les questions relatives aux droits humains, mais également de faire entendre ses préoccupations face aux différentes crises qui touchent son territoire. Le suivi des échanges et des engagements pris dans ce cadre demeure important pour renforcer la coopération avec les partenaires internationaux et améliorer la visibilité de la RDC sur les questions de défense et de promotion des droits fondamentaux.
Sur le plan de la gouvernance administrative, un autre dossier important figurait à l’ordre du jour : le projet de décret fixant les modalités de recrutement dans les emplois publics de carrière. Ce texte vise à encadrer davantage les procédures d’accès à la fonction publique et à préciser les conditions dans lesquelles les agents peuvent être recrutés. Dans un contexte où la modernisation de l’administration publique constitue un défi majeur, cette réforme soulève des enjeux liés à la transparence, à l’équité et au respect des principes de mérite et de compétence. Son examen par le Conseil des ministres pourrait ainsi marquer une étape importante dans le processus d’amélioration de la gestion des ressources humaines de l’État.
Par ailleurs, le projet de loi portant autorisation de la prorogation de l’état de siège dans une partie du territoire national devait également être soumis à l’examen des membres du Gouvernement. Cette mesure exceptionnelle, appliquée dans certaines zones confrontées à l’insécurité, notamment dans l’est du pays, reste au centre des préoccupations nationales. Sa prorogation traduit la persistance des défis sécuritaires auxquels les forces de défense et de sécurité doivent faire face. L’enjeu consiste à poursuivre les efforts de rétablissement de la paix et de protection des populations, tout en assurant le suivi des dispositions institutionnelles et légales encadrant ce régime exceptionnel.
À travers cette 102ᵉ réunion, le Gouvernement dirigé par Judith Suminwa Tuluka avait ainsi plusieurs dossiers sensibles à examiner, allant de la sécurité nationale à la santé publique, en passant par la diplomatie, la gestion de la fonction publique et la situation exceptionnelle dans certaines provinces. La diversité des sujets inscrits à l’ordre du jour témoigne de l’ampleur des responsabilités auxquelles l’exécutif congolais doit répondre.
Au-delà de l’examen des différents dossiers, l’attention reste désormais tournée vers les orientations et les éventuelles décisions qui seront retenues à l’issue des délibérations. Leur mise en œuvre constituera un indicateur important de la capacité du Gouvernement à transformer les engagements institutionnels en actions concrètes, au bénéfice de la population congolaise.
Chris Mutombo
