La République démocratique du Congo et le Ghana veulent passer à la vitesse supérieure dans leurs relations économiques. Les deux pays envisagent de revisiter leur accord de coopération commerciale signé en 2014, avec l’ambition de dynamiser les échanges et de créer de nouvelles opportunités pour leurs opérateurs économiques. Derrière cette démarche, un enjeu majeur ,faire du commerce intra-africain un véritable moteur de croissance et réduire les obstacles qui freinent les entreprises du continent.



Cette volonté s’est exprimée à Accra, lors d’une réunion technique entre le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et la ministre ghanéenne du Commerce, de l’Industrie et de l’Agrobusiness, Elisabeth Ofosu-Adjare. Les discussions ont notamment porté sur la révision de l’accord bilatéral, afin de mieux adapter la coopération aux réalités économiques actuelles et aux possibilités offertes par l’intégration des marchés africains.
Parmi les pistes retenues figure l’ouverture de chambres de commerce RDC-Ghana à Kinshasa et à Accra. Ces structures devraient rapprocher les entreprises, faciliter la circulation des informations commerciales et favoriser la recherche de partenaires. Elles pourraient également aider les opérateurs à mieux connaître les marchés respectifs, les procédures d’importation et d’exportation ainsi que les possibilités d’investissement. Leur efficacité dépendra toutefois des moyens mis à leur disposition et de leur capacité à répondre aux besoins du secteur privé.
Autre dossier important : la Convention d’Accra sur les cargaisons négociables. Sa signature ouvre des perspectives pour faciliter le transport des marchandises et leur financement. Le dispositif repose sur l’utilisation de documents de cargaison négociables, susceptibles de faciliter certaines transactions et de servir de garantie dans des opérations de financement, selon les conditions applicables. Pour les entreprises congolaises, confrontées à des contraintes logistiques et à des coûts de transport parfois élevés, la simplification de ces procédures pourrait représenter un avantage économique.
La question des paiements transfrontaliers figure également parmi les leviers de cette coopération. L’adhésion de la RDC au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) a été saluée par Julien Paluku Kahongya. Cette infrastructure permet de faciliter les paiements entre pays africains en monnaies locales, sans recourir systématiquement à des devises étrangères comme intermédiaires. Elle pourrait ainsi contribuer à réduire certaines contraintes de règlement et à rendre les transactions plus accessibles aux petites et moyennes entreprises.
Cette dynamique s’inscrit dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont le secrétariat est établi à Accra. L’objectif de cette initiative est de faciliter les échanges entre les pays africains, d’élargir les débouchés des producteurs et de renforcer les chaînes de valeur régionales. La RDC et le Ghana souhaitent également consolider leur coopération diplomatique, notamment par un soutien réciproque à leurs candidatures au sein des institutions internationales. La délégation congolaise à Accra comprenait des experts de plusieurs ministères, dont ceux des Affaires étrangères, des Transports et des Finances.
Mais au-delà des engagements, le véritable test sera celui des résultats. La révision de l’accord de 2014 devra déboucher sur des mesures concrètes, tandis que les chambres de commerce annoncées devront démontrer leur utilité auprès des entreprises. L’augmentation des échanges, la réduction des coûts logistiques, l’accès aux financements et l’ouverture de nouveaux marchés seront autant d’indicateurs à surveiller. Pour Kinshasa et Accra, l’enjeu n’est donc plus seulement de renforcer les relations diplomatiques, mais de transformer ce rapprochement en bénéfices économiques tangibles pour leurs populations.
Chris Mutombo
