À Kinshasa, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Ted Beleshayi Kasanda, ainsi que l’ambassadeur de Suède en RDC, Joakim Vaverka. Deux rencontres axées sur le renforcement des relations institutionnelles, la promotion des entreprises congolaises et les perspectives de coopération au développement.



La diplomatie congolaise poursuit ses démarches en faveur des partenariats économiques et de la coopération internationale. À Kinshasa, Thérèse Kayikwamba Wagner a tenu deux audiences distinctes avec des interlocuteurs dont les échanges concernent, à des niveaux différents, les priorités économiques et diplomatiques de la République démocratique du Congo.
La première rencontre a réuni la cheffe de la diplomatie congolaise et Ted Beleshayi Kasanda, directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé. Présentée comme une prise de contact, cette audience avait pour objectif de renforcer la collaboration entre le ministère des Affaires étrangères et l’ARSP, ainsi que d’identifier les possibilités de coopération entre les deux institutions.
Au centre de cette démarche figure la diplomatie économique, qui consiste notamment à mobiliser les relations extérieures du pays pour soutenir ses intérêts économiques. Dans cette perspective, le ministère des Affaires étrangères peut contribuer à rapprocher les entreprises congolaises des opportunités générées par les investissements réalisés en RDC, notamment grâce aux relations avec les partenaires étrangers.
L’enjeu est de favoriser une meilleure participation des entreprises nationales aux marchés liés aux investissements. La sous-traitance représente, à cet égard, un mécanisme important pour permettre aux opérateurs économiques congolais d’accéder aux contrats de services et de fournitures, en particulier dans les secteurs où interviennent de grands investisseurs.
Toutefois, la promotion du contenu local ne dépend pas uniquement des initiatives diplomatiques. Elle suppose également des entreprises congolaises suffisamment compétitives, capables de répondre aux exigences techniques et financières des donneurs d’ordres. La coordination entre les institutions publiques, l’accès à l’information et l’accompagnement des opérateurs économiques demeurent donc des éléments déterminants.
La coopération suédoise et ses cinq priorités
La seconde audience a porté sur les relations entre la RDC et le Royaume de Suède. Thérèse Kayikwamba Wagner a reçu l’ambassadeur suédois, Joakim Vaverka, venu présenter la nouvelle stratégie de coopération au développement de son pays avec la RDC.
Cette stratégie s’articule autour de cinq axes prioritaires le développement économique et l’emploi, la transition verte, la gouvernance, la santé, ainsi que la prévention et la résolution pacifique des conflits.
Ces domaines couvrent plusieurs défis auxquels la RDC est confrontée. Le développement économique et l’emploi renvoient notamment à la nécessité de créer des possibilités d’activités et de revenus pour la population. La transition verte concerne les enjeux environnementaux et la promotion d’un développement plus durable, dans un pays disposant d’importantes ressources naturelles.
La gouvernance et la santé constituent également des secteurs essentiels pour améliorer les conditions de vie. Quant à la prévention et à la résolution pacifique des conflits, elles revêtent une importance particulière dans un contexte où l’insécurité continue de fragiliser certaines régions du pays.
Au cours des échanges, l’ambassadeur suédois a par ailleurs salué l’engagement de la RDC au sein des Nations unies, notamment dans le cadre de son mandat de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027. Cette reconnaissance met en évidence la place que Kinshasa entend occuper dans les discussions internationales sur la paix et la sécurité.
La présentation de cette stratégie constitue ainsi une étape dans la consolidation du partenariat bilatéral entre les deux pays. Sa portée concrète dépendra toutefois de sa mise en œuvre, des programmes retenus et des résultats obtenus dans les secteurs concernés.
Deux rencontres, un même enjeu, des résultats concrets
Ces deux audiences illustrent les différentes dimensions de l’action diplomatique congolaise. D’un côté, le rapprochement entre le ministère des Affaires étrangères et l’ARSP vise à mieux relier les relations extérieures aux intérêts des entreprises nationales. De l’autre, les échanges avec la Suède ouvrent des perspectives de coopération autour du développement, de la gouvernance, de la santé et de la paix.
L’intérêt de ces démarches se mesurera cependant au-delà des rencontres protocolaires. Pour la diplomatie économique, le principal défi sera de transformer les partenariats en opportunités accessibles aux entreprises congolaises, avec des retombées sur l’emploi et la création de richesses. Pour la coopération suédoise, l’enjeu sera de traduire les cinq axes annoncés en projets concrets et en améliorations perceptibles pour les populations.
En définitive, ces deux audiences témoignent de la volonté de la RDC de mobiliser ses relations institutionnelles et internationales au service de ses priorités nationales. Reste à faire de ces orientations des actions mesurables, capables de produire des bénéfices durables pour l’économie congolaise et pour les citoyens.
Chris Mutombo
