B-READY : de la réforme à l’action, l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements entend transformer les engagements de l’État en résultats mesurables et en nouvelles opportunités pour les investisseurs.






Kinshasa — Dans la compétition mondiale pour attirer les capitaux, les ressources naturelles ne suffisent plus. La qualité des institutions, la simplicité des procédures, la prévisibilité de l’environnement réglementaire et la capacité d’un État à traduire ses réformes en résultats concrets constituent désormais des arguments décisifs.
En République démocratique du Congo, cette bataille pour l’attractivité économique porte un nom : l’amélioration du climat des affaires. Et dans cette transformation, une institution occupe une place de plus en plus stratégique : l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI).
Le 2 septembre 2026, l’Agence a accueilli une nouvelle étape importante du processus d’amélioration de la performance de la RDC dans le cadre de l’évaluation Business Ready (B-READY) du Groupe de la Banque mondiale. Au centre des travaux : la présentation et la consolidation du rapport définitif du Tableau numérique de suivi-évaluation (TNSE) consacré aux mesures prioritaires, les fameux « Quick Wins ».
Derrière cet exercice technique se dessine une ambition beaucoup plus large : donner à la réforme économique congolaise un nouveau rythme, une meilleure traçabilité et surtout une obligation de résultats.
L’ANAPI, au cœur de la mécanique des réformes
L’image d’une agence exclusivement tournée vers la promotion des investissements appartient progressivement au passé. Sous la conduite de sa Directrice Générale, Rachel Pungu Luamba, l’ANAPI s’impose comme l’un des maillons essentiels du dispositif national d’amélioration du climat des affaires.
Son rôle consiste notamment à assurer la coordination technique des actions destinées à transformer les recommandations du processus B-READY en mesures concrètes, suivies et mesurables.
Cette position confère à l’Agence une responsabilité particulière : rapprocher les ambitions affichées par les pouvoirs publics de la réalité vécue par les entreprises et les investisseurs.
L’ANAPI agit ainsi comme une interface entre les administrations, les points focaux et les différentes parties prenantes engagées dans la réforme. Une fonction de facilitation et de coordination qui vise un objectif simple mais déterminant : rendre l’environnement économique congolais plus lisible, plus efficace et plus favorable à l’investissement.
Quand le numérique devient un instrument de réforme
L’un des apports majeurs de cette nouvelle dynamique réside dans la mise en place du Tableau numérique de suivi-évaluation.
Élaboré par la Cellule du Climat des Affaires de la Présidence de la République à la suite de plusieurs réunions techniques, notamment à l’ANAPI, cet outil doit permettre de mieux suivre les « Quick Wins », d’améliorer la traçabilité des actions et de disposer d’une lecture plus fiable des progrès accomplis.
L’enjeu est de taille. Dans une réforme économique, l’annonce constitue le commencement, et non l’aboutissement. Encore faut-il savoir ce qui a été réalisé, ce qui reste à faire, qui en est responsable et dans quels délais.
Le TNSE apporte précisément cette dimension de suivi et de redevabilité. En juillet déjà, l’ANAPI avait accueilli une session consacrée à sa prise en main, avec la désignation de points focaux chargés de l’encodage et de la mise à jour régulière des informations.
Rachel Pungu Luamba : l’effectivité plutôt que les simples indicateurs
À travers cette démarche, Rachel Pungu Luamba défend une conception pragmatique de la réforme.
Pour la Directrice Générale de l’ANAPI, la performance de la RDC ne doit pas être appréhendée uniquement à travers des chiffres ou un classement international. L’objectif ultime est que les réformes produisent des changements perceptibles dans le quotidien des entreprises et des investisseurs.
Cette philosophie donne une profondeur particulière à l’engagement de l’Agence.
Car améliorer le climat des affaires, ce n’est pas simplement obtenir de meilleurs indicateurs. C’est créer les conditions permettant à l’entrepreneur de gagner du temps, à l’investisseur de mieux anticiper, à l’entreprise de se développer et au capital privé de trouver un environnement suffisamment sécurisé et prévisible pour s’engager.
Dans cette perspective, l’ANAPI devient un véritable pont entre la décision publique et la réalité économique.
Une réforme qui mobilise tout l’État
La réussite de cette transformation ne repose toutefois pas sur une seule institution.
Les travaux ont réuni la Cellule du Climat des Affaires de la Présidence de la République, la Primature, l’ANAPI, les ministères et administrations concernés, les points focaux B-READY ainsi que les experts engagés dans le suivi des réformes.
Cette mobilisation traduit une évolution importante : l’amélioration du climat des affaires devient progressivement une responsabilité interinstitutionnelle, avec des engagements identifiés et des résultats appelés à être régulièrement mesurés.
Dans cette architecture, l’ANAPI conserve une fonction centrale d’accompagnement, de facilitation et de coordination, conformément à sa mission de conseil au Gouvernement en matière d’amélioration du climat des affaires et de promotion des investissements.
Faire de l’attractivité une réalité congolaise
La prochaine évaluation B-READY constituera une nouvelle occasion de mesurer les progrès accomplis par la RDC.
Mais au-delà de l’évaluation internationale, l’enjeu est d’abord national. Il s’agit de construire progressivement un environnement dans lequel les investisseurs ne se contentent pas de percevoir le potentiel exceptionnel du Congo, mais peuvent également constater les progrès réalisés dans la manière dont le pays accueille, accompagne et sécurise l’activité économique.
Le TNSE doit contribuer à cette transition en permettant de passer d’un suivi fragmenté à un pilotage davantage intégré, documenté et orienté vers les résultats.
L’ANAPI, une ambition au-delà des classements
À travers son implication dans le processus B-READY, l’ANAPI affirme finalement une vision qui dépasse la seule question du classement de la RDC.
Son ambition est de contribuer à une transformation durable de l’environnement économique national : moins de lourdeurs, davantage de coordination, des réformes mieux suivies et des résultats plus visibles.
Sous l’impulsion de Rachel Pungu Luamba, l’Agence entend ainsi demeurer un acteur majeur de cette chaîne de transformation, en accompagnant le Gouvernement dans le passage des engagements aux résultats tangibles.
Dans une RDC qui cherche à convertir son potentiel économique en croissance, en emplois et en investissements, la bataille du climat des affaires apparaît comme l’un des fronts les plus déterminants.
Et dans cette bataille, l’ANAPI ne se contente plus de promouvoir la destination RDC. Elle travaille à la rendre davantage prête à accueillir, accompagner et retenir l’investissement.
C’est peut-être là l’une des évolutions les plus importantes : faire de l’attractivité non plus seulement un discours, mais une expérience concrète pour l’investisseur.
José-Junior Owawa
