Grand reportage | PROADER : De Gungu à Kenge, une offensive pour accélérer le développement rural dans le Grand Bandundu

De Gungu, dans la province du Kwilu, à Kenge, dans le Kwango, le Projet d’appui au développement intégré de l’économie rurale (PROADER) multiplie les initiatives en faveur des communautés du Grand Bandundu. Conduite par le secrétaire général au Développement rural et président du comité de pilotage du projet, Mongopasi Sandja Pelé, la mission de terrain a combiné remise d’infrastructures, formation des producteurs, accompagnement des coopératives et écoute des agents de l’État. Une démarche qui vise à transformer le potentiel agricole local en véritables opportunités économiques.

Dans le Grand Bandundu, la question du développement rural se pose avec une acuité particulière. Les territoires disposent d’importantes potentialités agricoles, mais leur exploitation reste confrontée à plusieurs difficultés, notamment l’insuffisance des infrastructures, les problèmes de conservation et de transformation des produits ainsi que le faible accès à certains équipements.

C’est dans ce contexte que le PROADER poursuit ses interventions au plus près des communautés. À travers sa mission à Gungu et à Kenge, le projet veut renforcer les capacités des acteurs locaux tout en apportant des réponses concrètes à certaines difficultés exprimées à la base.

À Gungu, une mission au contact des communautés

Dans le territoire de Gungu, dans la province du Kwilu, l’arrivée de la délégation du PROADER a été accueillie par une forte mobilisation de la population. Fanfares, tam-tams et danses traditionnelles ont rythmé l’accueil réservé à Mongopasi Sandja Pelé.

Au-delà de l’aspect protocolaire, cette arrivée a surtout été l’occasion pour la délégation de se rapprocher des habitants et de constater directement certaines réalités locales.

Sur le terrain, le responsable du PROADER a notamment pu découvrir un pont construit dans le cadre des interventions du projet. Cet ouvrage facilite désormais le déplacement des personnes et des biens et contribue au désenclavement de cette partie du territoire.

Les habitants se souviennent encore des difficultés rencontrées avant la construction de cette infrastructure. Les véhicules éprouvaient des difficultés à franchir cette zone, particulièrement dans des conditions difficiles.

Trésor, motocycliste à Gungu, témoigne de ce changement : « J’ai déjà traversé cet endroit dans le passé. Ce que je vois aujourd’hui, comparativement à ce qui existait auparavant, m’émeut. Nous remercions les responsables du PROADER pour cet ouvrage. »

Pour le chef du projet, Michel Disonama Sindu, cette infrastructure revêt une importance particulière puisqu’elle facilite non seulement l’accès à Gungu, mais ouvre également une voie en direction de Kahemba.

Les agents du Développement rural face à plusieurs défis

La mission de Gungu ne s’est pas limitée aux réalisations physiques. Mongopasi Sandja Pelé a également rencontré les agents de l’administration du Développement rural.

Derrière l’accueil chaleureux qui lui a été réservé, les agents ont présenté plusieurs difficultés auxquelles ils sont confrontés quotidiennement.

Au nom de ses collègues, l’inspecteur territorial du Développement rural de Gungu, Mafuta Kuzwela Raymond, a remis un mémorandum au secrétaire général.

Parmi les préoccupations figurent le manque de matériel administratif adéquat et les difficultés liées à la mécanisation des agents. Le territoire compte trois communes rurales, douze secteurs et 92 agents du Développement rural.

Ces agents jouent pourtant un rôle important dans l’encadrement des producteurs agricoles et dans l’accompagnement des communautés rurales. Leur capacité à travailler efficacement apparaît donc comme un élément essentiel de la réussite des politiques de développement à la base.

Mongopasi Sandja Pelé les a encouragés à persévérer dans leur mission et à rester proches des producteurs. Il a rappelé que le développement rural ne peut être porté uniquement depuis les centres urbains, mais doit prendre racine dans les territoires où vivent et travaillent les communautés agricoles.

Les coopératives, un maillon essentiel

Dans la même logique, le secrétaire général au Développement rural s’est entretenu avec les responsables des sociétés coopératives agropastorales de Gungu.

Les échanges ont permis d’aborder les activités menées par les producteurs, leurs difficultés et les perspectives d’amélioration de leur travail.

Pour Mongopasi Sandja Pelé, l’organisation des producteurs en coopératives constitue un levier important. Une meilleure structuration doit leur permettre de mutualiser leurs efforts, d’accéder plus facilement à l’accompagnement des pouvoirs publics et de mieux commercialiser leurs productions.

Cette organisation apparaît d’autant plus importante que la production agricole reste confrontée à la problématique de la transformation et de la conservation.

Produire davantage est une chose. Pouvoir conserver, transformer et commercialiser dans de bonnes conditions en est une autre.

Transformer les produits pour créer davantage de valeur

C’est précisément sur cette problématique que s’est concentrée l’une des principales activités de la mission la formation des producteurs.

À Gungu, le PROADER a remis un Centre multifonctionnel genre destiné notamment au renforcement des capacités de la population. La remise officielle de cette infrastructure a été accompagnée du lancement d’une formation sur la transformation et la conservation des produits agricoles.

Durant quatre jours, les participants ont appris différentes techniques permettant de mieux conserver et valoriser les produits issus de leurs champs.

Les enseignements ont notamment porté sur la transformation et la conservation des fruits et légumes, la déshydratation des végétaux, notamment les fruits, les légumes, les racines et les plantes.

La formation a également abordé la valeur nutritionnelle des céréales et des légumineuses, les techniques de préparation des bouillies, les règles d’hygiène et le dosage des ingrédients.

Pour les responsables du programme, l’objectif est de permettre aux producteurs de passer progressivement d’une logique de simple production à une véritable chaîne de valeur agricole.

« Le développement de Gungu ne proviendra pas des discours »

Mongopasi Sandja Pelé a insisté sur la nécessité de mettre en pratique les connaissances acquises.

« Le développement de Gungu ne proviendra pas des discours, mais plutôt de nos activités agricoles, en produisant en grande quantité et en transformant nos produits. Vous avez de bonnes terres », a-t-il déclaré.

À travers ce message, le responsable du PROADER appelle les producteurs à considérer leurs ressources agricoles comme une véritable opportunité économique.

L’enjeu est notamment de réduire les pertes post-récolte, d’améliorer la conservation et de permettre aux producteurs de vendre des produits transformés à plus forte valeur ajoutée.

Les bénéficiaires entre satisfaction et engagement

Pour les bénéficiaires, l’ouverture du Centre multifonctionnel genre constitue une nouvelle étape.

Clotilde Kampalay, présidente de la Coopérative des entrepreneurs des produits agricoles de Gungu, estime que cette infrastructure répond à une attente longtemps exprimée par les producteurs.

« Pour nous, c’était un rêve et aujourd’hui c’est devenu une réalité. Nous produisions essentiellement pour la consommation locale parce que nous ne savions pas comment transformer nos produits », explique-t-elle.

Avec les formations désormais disponibles, les producteurs espèrent pouvoir mieux exploiter leurs récoltes et diversifier leurs activités.

À l’issue de la formation, les participants ont reçu des brevets de mérite des mains de Mongopasi Sandja Pelé.

Caroline Mbuba, l’une des participantes, s’est réjouie de cette reconnaissance et affirme vouloir mettre immédiatement en pratique les connaissances acquises.

Les responsables locaux ont toutefois insisté sur la nécessité de maintenir l’accompagnement des bénéficiaires et d’assurer la protection du centre afin qu’il puisse fonctionner durablement.

De Gungu à Kenge, la même vision

Après le Kwilu, la mission du PROADER s’est poursuivie dans la province voisine du Kwango, à Kenge.

La délégation y a retrouvé les mêmes préoccupations renforcer les capacités des populations, améliorer la valorisation des produits agricoles et favoriser l’organisation des producteurs.

Avant le lancement des activités, Mongopasi Sandja Pelé a été reçu par le vice-gouverneur du Kwango, représentant l’autorité provinciale. Cette rencontre a permis de présenter les objectifs de la mission et de renforcer la collaboration entre le projet et les autorités locales.

À Kenge, un Centre multifonctionnel genre a également été remis aux bénéficiaires. Une nouvelle formation consacrée aux techniques de transformation et de conservation des produits agricoles a été lancée à cette occasion.

La démarche reprend ainsi les mêmes principes expérimentés à Gungu investir dans les infrastructures, renforcer les compétences et accompagner les communautés afin qu’elles puissent mieux valoriser leurs propres ressources.

Le développement à la base comme ligne directrice

Dans ses différentes interventions, Mongopasi Sandja Pelé rappelle que cette démarche s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui met l’accent sur un développement partant de la base.

Pour le secrétaire général au Développement rural, les populations rurales doivent être au centre de cette dynamique.

Cela suppose, selon lui, de renforcer l’encadrement des producteurs, d’encourager les coopératives et de créer les conditions permettant aux communautés de transformer elles-mêmes leurs productions.

La mission du PROADER met ainsi en évidence une approche qui associe infrastructures et renforcement des capacités. Le pont construit à Gungu répond à un besoin de mobilité, tandis que les centres multifonctionnels et les formations répondent à un besoin de compétences et de valorisation économique.

Un défi transformer les acquis en activités durables

Si les infrastructures et les formations constituent des avancées, leur impact dépendra surtout de leur utilisation dans la durée.

La protection des centres, la poursuite de l’encadrement des producteurs, l’organisation des coopératives et l’accès aux moyens de production et de commercialisation restent des éléments déterminants.

Pour les communautés de Gungu et de Kenge, l’enjeu est désormais de transformer les connaissances acquises en activités concrètes , produire davantage, mieux conserver, transformer localement et accéder à de nouveaux marchés.

Avec l’appui de la Banque africaine de développement, le PROADER entend contribuer à cette transformation du monde rural en favorisant la valorisation des ressources locales, la réduction des pertes post-récolte et la création de nouvelles opportunités économiques.

De Gungu, dans le Kwilu, à Kenge, dans le Kwango, la mission conduite par Mongopasi Sandja Pelé aura ainsi permis de mettre en lumière les potentialités, mais aussi les défis qui persistent dans les communautés rurales du Grand Bandundu.

Au-delà des cérémonies officielles, des infrastructures remises et des brevets distribués, le véritable enjeu reste désormais de faire vivre ces acquis sur le terrain. Car dans ces territoires à forte vocation agricole, le développement rural passera aussi par la capacité des producteurs à s’organiser, à transformer leurs récoltes et à faire de l’agriculture un véritable moteur de l’économie locale.

Didier ILUNGA

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