En Ituri, le travail humanitaire reste une mission à haut risque. Entre 2025 et 2026, au moins 13 travailleurs humanitaires ont perdu la vie et 626 incidents sécuritaires visant les organisations d’aide ont été enregistrés. Ces chiffres ont été communiqués par le gouverneur militaire de l’Ituri, Gaby Kasongo Mulumba, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire.
Les incidents enregistrés sont notamment des attaques armées, des menaces, des pillages, des vols et des restrictions d’accès à certaines zones. Ces actes rendent difficile le déplacement des équipes humanitaires et ralentissent l’assistance aux populations qui en ont le plus besoin.
L’Ituri fait partie des provinces de la RDC les plus touchées par les violences et les déplacements de populations. Plus de 900 000 personnes déplacées internes y vivent dans des conditions difficiles. Beaucoup dépendent de l’aide humanitaire pour accéder à la nourriture, aux soins de santé, à l’eau potable et à d’autres services essentiels.
Malgré cette situation, les travailleurs humanitaires continuent d’intervenir dans plusieurs zones affectées par les conflits. Ils apportent une assistance aux familles déplacées, aux enfants et aux personnes les plus vulnérables. Leur présence permet également de répondre aux urgences dans les zones où les services publics sont fortement perturbés par l’insécurité.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, les autorités provinciales ont rendu hommage aux 13 travailleurs tués dans l’exercice de leur mission. Le gouverneur militaire a également salué le courage et l’engagement des hommes et des femmes qui poursuivent leur travail malgré les risques.
Les autorités appellent à renforcer la protection des humanitaires et à faciliter leur accès aux populations. La sécurité des équipes et la liberté de circulation sont essentielles pour permettre une réponse rapide aux besoins des communautés.
Mais sur le terrain, la présence des groupes armés continue de compliquer les opérations. Dans certaines zones rurales, l’insécurité oblige les organisations à limiter ou à suspendre leurs activités, alors que les besoins de la population restent importants.
Au-delà des chiffres, les 626 incidents et les 13 décès rappellent une réalité préoccupante : en Ituri, ceux qui viennent en aide aux victimes des violences sont eux-mêmes exposés au danger. Protéger les travailleurs humanitaires, c’est aussi garantir l’accès à l’aide pour des milliers de personnes qui dépendent de cette assistance pour survivre.
Chris Mutombo
