RDC : La jeunesse veut désormais peser dans les grandes décisions nationales

À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée chaque 12 août, la jeunesse congolaise s’est invitée dans le débat politique national. À Kinshasa, une marche organisée à l’initiative de la ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino, a placé au centre de la mobilisation la question du changement ou de la révision de la Constitution.

De l’hôpital HJ du Premier, sur l’avenue de la Limite, jusqu’au Centre culturel de Kasa-Vubu, plusieurs jeunes ont pris part à cette mobilisation. Dans les rangs des manifestants, un slogan revient comme un fil conducteur : « Oui, je le veux ». Une manière pour ces jeunes d’afficher leur soutien au processus de transformation du cadre institutionnel défendu par les organisateurs.

Au-delà de la question constitutionnelle, cette mobilisation révèle surtout une volonté de plus en plus affirmée de la jeunesse congolaise de participer aux grandes orientations du pays. Longtemps présentée comme la principale force démographique et électorale de la République démocratique du Congo, la jeunesse entend désormais revendiquer une place plus importante dans les espaces de décision.

Pour la ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino, cette participation doit dépasser les consultations ponctuelles. Elle estime que les jeunes doivent être davantage représentés dans les institutions et associés aux décisions qui concernent leur avenir.

« Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de la jeunesse. Voilà l’occasion pour la jeunesse congolaise d’exprimer son soutien au changement de la Constitution et au chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Nous voulons la valorisation de la jeunesse congolaise dans les institutions du pays. Nous sommes 70 % de la population congolaise ; aucune décision ne doit être prise sans consulter la jeunesse », a-t-elle déclaré.

La ministre établit également un lien entre les changements institutionnels souhaités et les préoccupations quotidiennes des jeunes, notamment l’accès à l’emploi et leur présence dans les institutions publiques.

En choisissant de placer la question constitutionnelle au centre d’une journée consacrée à la jeunesse, les organisateurs donnent à cette mobilisation une dimension résolument politique. Pour les participants, le débat sur l’évolution du cadre institutionnel doit notamment permettre de répondre aux défis auxquels le pays est confronté.

Parmi ces défis figurent la recherche de la paix et de la stabilité, mais aussi la création d’opportunités économiques pour une population jeune confrontée au chômage et à la précarité de l’emploi.

Cette position n’épuise toutefois pas le débat national. La question d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution demeure un sujet politique sensible, qui appelle des échanges sur les institutions, les garanties démocratiques et l’avenir du pays.

La portée de cette journée ne se mesure donc pas uniquement au nombre de jeunes présents dans les rues de Kinshasa. Elle pose une question plus fondamentale : quelle place la République démocratique du Congo entend-elle réellement accorder à sa jeunesse dans la conduite des affaires publiques ?

La mobilisation organisée à Kinshasa traduit une volonté de sortir d’un rôle limité à celui de bénéficiaire des politiques publiques ou de simple électeur. Les jeunes veulent être entendus, représentés et associés aux décisions qui déterminent leur avenir.

Reste cependant le plus important : transformer cette mobilisation en participation institutionnelle concrète. Car entre les slogans et l’exercice du pouvoir, le chemin reste long. La véritable mesure de cette dynamique sera la capacité des institutions à ouvrir davantage leurs portes à la jeunesse et celle des jeunes à porter des propositions structurées sur les grandes questions nationales.

En cette Journée internationale de la jeunesse, le message porté dans les rues de Kinshasa dépasse ainsi la seule question constitutionnelle. Il traduit une aspiration plus large : celle d’une génération qui veut désormais prendre part à la construction de la République démocratique du Congo et ne plus être seulement spectatrice de son avenir.

Héritier Lelo

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