Affaire Fally Ipupa -Virginie Manganga : La bataille sort des réseaux sociaux et gagne les tribunaux

L’affaire opposant Fally Ipupa à plusieurs personnes autour de contenus diffusés sur les réseaux sociaux prend une nouvelle dimension judiciaire. Les avocats de l’artiste ont annoncé, mercredi à Kinshasa, l’engagement de plusieurs procédures en République démocratique du Congo, en Australie et en France, affirmant vouloir défendre l’honneur, la réputation et le droit de l’artiste Fally Ipupa à la vie privée.

Face à la presse le 30 septembre 2026, le collectif d’avocats a expliqué que la démarche de l’artiste ne concerne pas de simples critiques musicales. Selon ses conseils, certaines publications et prises de parole diffusées notamment sur les réseaux sociaux contiendraient des éléments susceptibles de porter atteinte à la vie privée et à la réputation de leur client. Les avocats ont précisé que les faits dénoncés sont désormais soumis à l’appréciation des autorités judiciaires compétentes.

Le collectif a insisté sur une distinction entre une plainte et une décision de justice. « Porter plainte ne signifie pas ordonner l’arrestation de quelqu’un », ont-ils rappelé, soulignant qu’il appartient aux autorités judiciaires de mener les investigations, d’établir les faits et de déterminer leur éventuelle qualification juridique.

Selon les avocats, le dossier dépasse désormais le cadre congolais. Ils affirment avoir constitué un consortium avec des conseils intervenant notamment à Melbourne et à Paris, en raison de la dimension internationale du dossier.

En Australie, une procédure aurait été engagée auprès des autorités de l’État de Victoria. Les conseils de l’artiste évoquent également une ordonnance d’injonction obtenue auprès d’un tribunal de première instance de Victoria, ainsi qu’une plainte déposée auprès de la police de Victoria. Des démarches auraient également été entreprises en France, notamment auprès de la police de Nanterre et du parquet de Nanterre.

Les avocats ont évoqué plusieurs qualifications juridiques susceptibles d’être examinées par les autorités, notamment en matière d’atteinte à la vie privée et, selon les faits qui seraient établis, d’autres infractions prévues par la législation australienne. Ils ont toutefois précisé que seule la justice peut déterminer la qualification définitive des faits.

Au cœur de la conférence de presse : la question de l’équilibre entre le droit à l’information et le respect de la vie privée.

Les avocats se sont appuyés sur l’article 31 de la Constitution congolaise, qui garantit le droit au respect de la vie privée, ainsi que sur l’article 24 relatif au droit à l’information et à la liberté de la presse. Pour eux, ces deux principes doivent coexister et aucun ne devrait être considéré comme une autorisation générale de porter atteinte aux droits d’autrui.

La défense de Fally Ipupa estime ainsi que la notoriété d’une personnalité publique ne signifie pas renoncement à toute vie privée. Être artiste et exposé au regard du public ne supprimerait pas, selon les avocats, les protections attachées à la dignité et à l’intimité.

Les conseils de l’artiste ont également adressé un message aux professionnels des médias. Ils les invitent à distinguer les faits établis des accusations, à vérifier les contenus et à les replacer dans leur contexte avant toute publication.

Pour les avocats, la circulation massive d’un contenu sur les réseaux sociaux ne suffit pas à établir sa véracité ni sa légalité. Ils appellent ainsi les journalistes à exercer leur responsabilité éditoriale lorsqu’ils reprennent des publications devenues virales.

L’affaire est désormais entre les mains des autorités judiciaires des différents ressorts concernés. Les avocats affirment vouloir laisser aux institutions compétentes le soin d’établir la matérialité des faits, leur contexte et leur éventuelle qualification juridique.

Au-delà du cas Fally Ipupa, cette procédure relance le débat sur les limites entre célébrité, droit à l’information, liberté de la presse et protection de la vie privée à l’ère des réseaux sociaux.

Héritier Lelo

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