GENOCOST : La RDC ravive le devoir de mémoire et l’appel à la justice

La République démocratique du Congo a commémoré, ce dimanche 2 août 2026, la Journée nationale du GENOCOST, instituée pour honorer la mémoire des millions de Congolais victimes des violences de masse perpétrées au cours des trois dernières décennies. Cette journée se veut également un moment de réflexion sur les impératifs de vérité, de justice, de réparation et de non-répétition.

À cette occasion, le Réseau national citoyen pour la mémoire, la paix, la réparation et l’éveil patriotique (RÉPARE) a organisé une cérémonie de commémoration à Limete, à Kinshasa, en présence des membres de l’organisation, de responsables de la jeunesse ainsi que de nombreuses victimes venues de différentes provinces du pays.

Selon les organisateurs, le bilan humain de ces conflits est estimé à près de dix millions de morts en trente ans. Derrière ces chiffres se cachent des familles brisées, des générations endeuillées et des destins interrompus. Pour les participants, préserver cette mémoire est une étape essentielle afin d’obtenir la reconnaissance des souffrances endurées et de faire progresser la quête de justice.

Moment fort de la cérémonie, plusieurs victimes ont livré des témoignages poignants sur les violences qu’elles ont subies. Elles ont également rendu hommage au Président de la République, Félix Tshisekedi, tout en lui demandant de poursuivre les démarches visant à faire reconnaître le GENOCOST au-delà des frontières nationales. Elles souhaitent que cette journée de commémoration acquière une dimension internationale afin de sensibiliser davantage la communauté mondiale aux crimes commis en République démocratique du Congo.

Les victimes ont par ailleurs appelé les autorités congolaises à renforcer leur prise en charge à travers des programmes d’assistance adaptés, la construction d’orphelinats et un accompagnement durable des survivants. Elles ont également exhorté la communauté internationale à soutenir les efforts de justice et de réparation pour les victimes des violences de masse.

La jeunesse congolaise a été invitée à s’approprier le devoir de mémoire et à s’engager activement dans la promotion de la paix, de l’unité nationale et de la prévention des violences.

Prenant la parole, le président du réseau RÉPARE, Carbone Béni, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation citoyenne contre les atrocités qui frappent encore certaines régions du pays. Il a appelé les Congolais à rejoindre son organisation afin de contribuer à la défense de la mémoire des victimes et à la lutte contre l’impunité.

La commémoration s’est achevée au site de l’Échangeur de Limete par un concert réunissant plusieurs artistes musiciens, chrétiens et profanes. Un moment de recueillement, mais aussi de solidarité, destiné à transmettre un message d’espérance aux survivants et à rappeler que le devoir de mémoire demeure une responsabilité collective.

Heritier Lelo

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