Finances publiques: Adolphe Muzito lance la dernière Conférence de Performance avant le basculement vers le budget-programme

Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito Mfumutshi, a ouvert ce lundi, au Centre financier de Kinshasa, les Conférences de Performance consacrées à l’élaboration du Projet de loi de finances (PLF) 2027. Cette session marque une étape déterminante dans la réforme des finances publiques en République démocratique du Congo, à moins de dix-huit mois de l’entrée en vigueur du budget-programme, prévue le 1er janvier 2028.

Cette réforme s’inscrit dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a fait de la modernisation de l’administration publique et de la culture de la performance un axe majeur de son action. Elle est conduite par le Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, avec pour ambition de bâtir une administration plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers les résultats.

L’administration du Budget réaffirme son engagement

Dans son mot d’introduction, la secrétaire générale au Budget, Jeanne Golomingi, a assuré le Vice-Premier ministre du soutien total des agents et cadres de son administration afin de réussir la transition vers le budget-programme.

Elle a affirmé que l’administration du Budget veillera à intégrer les conclusions des travaux lors des arbitrages budgétaires, dans le respect du cadre macroéconomique, des enveloppes disponibles et des orientations du Gouvernement. Saluant le leadership d’Adolphe Muzito, elle a également mis en avant sa vision managériale et sa détermination à conduire les réformes nécessaires à la modernisation du système de gestion des finances publiques.

Le budget, un outil de développement


Dans son discours d’ouverture, Adolphe Muzito a insisté sur la nécessité de poursuivre avec méthode, rigueur et persévérance cette réforme structurante.

« Les grandes réformes de l’État ne se décrètent pas ; elles se construisent avec une méthode, de la rigueur et de la persévérance. Elles reposent sur des institutions fortes, une administration responsable et une culture permanente de la performance », a-t-il déclaré.

Selon lui, les Conférences de Performance constituent désormais l’un des principaux leviers de transformation des finances publiques.

« Elles traduisent la volonté collective de faire du budget non plus un simple instrument de dépenses, mais un véritable outil de développement, de régulation et de création de valeur publique au service de nos concitoyens », a-t-il souligné.

Une participation inédite de toutes les administrations

Le ministre du Budget a relevé le caractère historique de cette édition, marqué par une implication sans précédent des ministères sectoriels.

Alors que 21 ministères avaient participé à l’exercice l’année dernière, les 43 ministères sectoriels, ainsi que la Primature, les budgets annexes et les comptes d’affectation spéciale, prennent cette année part aux travaux.

Pour Adolphe Muzito, cette mobilisation témoigne de l’appropriation progressive de la réforme par l’ensemble des institutions publiques et fait de cette conférence la dernière avant l’application effective du budget-programme en janvier 2028.

Cette participation généralisée illustre également la volonté du Gouvernement d’étendre la gestion axée sur les résultats à toute l’administration publique congolaise.

Les partenaires réaffirment leur confiance


Si la transition vers le budget-programme constitue un défi majeur, les partenaires techniques et financiers continuent d’afficher leur confiance dans la capacité du Gouvernement à mener cette réforme à son terme.

Le secrétaire exécutif du Comité d’Orientation de la Réforme des Finances Publiques (COREF), Godefroid Misenga, a salué le parcours du Vice-Premier ministre.

« Monsieur le Vice-Premier ministre du Budget, partout où le destin vous a confié un mandat public, vous avez laissé des réformes durables. Nous sommes convaincus qu’une fois de plus, vous conduirez avec succès cette réforme majeure afin d’ancrer dans notre pays la culture de la performance et l’obligation de rendre des comptes », a-t-il déclaré.

Dix jours pour préparer le budget 2027


Ces conférences se tiennent au terme de la Revue qualité des maquettes programmatiques, organisée avec l’appui technique d’AFRITAC Centre et du Fonds monétaire international (FMI).

Cet exercice a permis de consolider les maquettes programmatiques des 43 ministères, de la Primature, des budgets annexes et des comptes d’affectation spéciale créés par la Loi de finances 2026. Il a également contribué à renforcer la cohérence des programmes budgétaires, à améliorer les cadres de performance, à fiabiliser les objectifs et les indicateurs de résultats, tout en assurant un meilleur alignement entre les politiques publiques, les priorités gouvernementales et les ressources disponibles.

Pendant dix jours, les responsables des administrations publiques travailleront à l’affinement des objectifs stratégiques, des indicateurs de performance et des prévisions budgétaires qui serviront de base à l’élaboration du Projet de loi de finances 2027.

Avec cette ultime Conférence de Performance avant le basculement prévu en 2028, le Gouvernement entend franchir une étape décisive vers une gestion des finances publiques davantage fondée sur la performance, la redevabilité et l’efficacité de la dépense publique.

Patrick Ilunga

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