Dans le cadre de la modernisation du secteur minier congolais et de la volonté des autorités de renforcer le contrôle, la certification et la traçabilité des ressources naturelles du pays, le Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) poursuit sa transformation. En marge de la DRC Mining Week 2026 tenue à Lubumbashi, une importante délégation conduite par le représentant du ministre des Mines, accompagnée notamment du Conseiller principal du Chef de l’État en matière des mines, a visité le chantier du futur laboratoire national du CEEC. Présentée comme l’une des plateformes analytiques les plus modernes d’Afrique, cette infrastructure ambitionne de doter la République démocratique du Congo d’outils scientifiques capables de mieux certifier, contrôler et valoriser ses richesses minières.

« Nous étions ici à Lubumbashi pour participer à la DRC Mining Week. En marge de cet événement, la Direction générale du CEEC nous a conviés à visiter mais aussi à constater l’état d’avancement des travaux de construction d’un laboratoire appelé à figurer parmi les meilleurs d’Afrique centrale et même du continent. Cette infrastructure permettra au CEEC d’accomplir pleinement ses missions », a déclaré le Conseiller principal du Chef de l’État en matière des mines.
Accompagné du Secrétaire général aux Mines, représentant le ministre empêché, il a expliqué que la délégation a reçu des explications détaillées sur les équipements acquis, le parcours analytique des échantillons ainsi que les capacités techniques du futur laboratoire.
Selon lui, la plateforme analytique qui sera mise en place à Lubumbashi, à l’image de celle de Musompo à Kolwezi, disposera de capacités complètes couvrant les analyses chimiques élémentaires, les analyses moléculaires, les études des phases minéralogiques ainsi que des techniques d’analyse non destructives.
Des carottes géologiques aux échantillons solides destinés à identifier des éléments métalliques majeurs ou mineurs, l’ensemble des analyses pourra être effectué localement. Une avancée majeure qui permettra au CEEC de disposer d’une meilleure maîtrise des produits miniers quittant la République démocratique du Congo.
Le Conseiller principal du Chef de l’État a salué « un travail de titan » accompli par l’équipe dirigeante du CEEC, soulignant qu’il s’inscrit dans la vision présidentielle visant à multiplier les laboratoires spécialisés à travers le pays.
Une vision présidentielle au service du contrôle minier
Conformément à cette vision, le professeur Jean-Marie Kanda Ntumba a rappelé les missions spécifiques assignées au CEEC.
« Le CEEC doit disposer d’outils analytiques de pointe afin de certifier avec précision ce qui est produit dans le sous-sol congolais et ce qui est exporté. Avant, certaines analyses ne renseignaient pas totalement sur nos exportations ou sur les ressources dont dispose notre sous-sol », a-t-il indiqué.
Il estime que ces équipements permettront également une collaboration renforcée avec les autres services techniques du ministère des Mines, notamment le Service géologique national et la Division des mines.
Selon lui, les universités pourront également bénéficier des installations du CEEC, dont les équipements pourraient surpasser ceux de plusieurs institutions académiques.
Il a par ailleurs rappelé que l’établissement évolue vers l’obtention de la certification ISO 17025, une norme internationale relative aux compétences des laboratoires d’essais et d’étalonnage.
Freddy Muamba Kanyiku projette l’expansion nationale du CEEC
Le Directeur général du CEEC, Freddy Muamba Kanyiku, a réaffirmé la volonté de son établissement de matérialiser la vision du Chef de l’État visant une meilleure valorisation des minerais congolais.
« Ce laboratoire constitue un outil stratégique pour le CEEC en tant qu’autorité de certification chargée de déterminer les caractéristiques physico-chimiques de nos minerais. Nous passions auparavant par des moyens rudimentaires mais aujourd’hui nous disposons de technologies avancées capables de déterminer avec précision la composition de nos minerais », a-t-il expliqué.
Au-delà de Lubumbashi, le Directeur général affiche des ambitions nationales.
« Nous sommes un laboratoire national, ce qui signifie que nous devons être présents partout où il existe des ressources minières. Nous accompagnons aujourd’hui le lithium à Manono, nous envisageons également des projets à Mbuji-Mayi pour accompagner le diamant mais aussi d’autres ressources identifiées », a-t-il précisé.
Concernant la qualification du personnel, Freddy Muamba Kanyiku assure que plusieurs formations sont organisées avec les fabricants des équipements ainsi qu’avec des experts académiques afin de renforcer les capacités des agents.
Présent sur le chantier, le Bureau technique de contrôle (BTC) a rassuré sur la qualité des travaux ainsi que sur la conformité des infrastructures destinées à accueillir les équipements de pointe acquis par le management du CEEC.
Au-delà de l’érection d’un simple bâtiment, le futur laboratoire national du CEEC traduit une ambition plus large : celle d’une République démocratique du Congo capable de mieux connaître, contrôler et valoriser ses ressources minières. Dans un contexte où la maîtrise des données géologiques et analytiques devient un enjeu stratégique majeur, ce projet pourrait constituer un tournant dans la gouvernance du secteur. Plus qu’un laboratoire, le CEEC veut désormais bâtir un véritable outil de souveraineté scientifique au service du développement du pays.
José-Junior Owawa
