Cour des comptes : Jimmy Munganga fait du mérite le moteur de la performance

La Cour des comptes veut désormais faire du mérite un véritable levier de management public. En récompensant, pour la première fois, les meilleurs agents de l’année 2025, le président de cette haute juridiction financière, Jimmy Munganga Ngwaka ne s’est pas contenté de distinguer deux collaborateurs exemplaires. Il a posé les bases d’un mécanisme annuel appelé à transformer durablement la culture de travail au sein de l’institution.

« Le mérite n’est pas un privilège. Il constitue un outil moderne de management public », a déclaré le président de la Cour des comptes devant les agents réunis pour cette cérémonie. Selon lui, toute administration soucieuse de performance doit savoir reconnaître ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Une réforme engagée depuis 2025

Le président a rappelé que cette initiative est née dès le mois de janvier 2025, lorsqu’il a décidé d’instaurer un système annuel d’évaluation des performances professionnelles.

Pour cette première édition, il a confié cette mission à son cabinet avec une exigence claire : conduire une sélection « objective, rigoureuse et impartiale ».

L’objectif dépasse largement la remise de récompenses. Il s’agit d’encourager une saine compétition professionnelle, de renforcer la motivation individuelle, de développer le sentiment d’appartenance à l’institution et, à terme, d’améliorer les performances globales de la Cour des comptes.

« La Cour des comptes, qui exige des gestionnaires publics la culture de la performance, de la redevabilité et des résultats, doit elle-même promouvoir ces valeurs en son sein », a insisté le président.

Deux profils, un même mérite

À l’issue de plusieurs mois d’évaluation, deux agents ont été distingués.

Dans la catégorie des cadres administratifs, Baby Bokako Mpila, auditeur à la Cour des comptes, a été récompensé pour sa compétence, sa rigueur et son sens élevé des responsabilités, notamment lors des travaux relatifs à la reddition des comptes du gouvernement du Kongo central.

Dans la catégorie des agents subalternes, Faustin Musinga Kimbamba, technicien de surface, a reçu la même distinction. Son nom a déclenché une ovation spontanée parmi l’assistance. Affectueusement surnommé « le vieux Ipupa » par ses collègues, il est devenu, au fil des années, une figure appréciée de l’institution.

Le président a expliqué que le lauréat se distingue par une discipline exceptionnelle. Afin d’éviter tout retard, il renonce volontairement au transport organisé par la Cour des comptes et préfère emprunter les transports en commun pour arriver avant tout le monde.

« Lorsque nous arrivons ici, la Cour est déjà très propre », a témoigné le président, saluant « un sens remarquable du devoir, de la discipline et de la responsabilité ».

Une récompense qui dépasse la valeur matérielle

Les deux lauréats ont reçu un diplôme de mérite ainsi qu’un véhicule : une Toyota Vanguard pour l’auditeur et une Toyota IST pour le technicien de surface. Les véhicules, encore dépourvus de plaques d’immatriculation, ont constitué l’un des moments forts de la cérémonie.

Très ému, Faustin Musinga a reconnu ne s’être « jamais attendu à recevoir une voiture». Les deux récipiendaires ont exprimé leur gratitude envers le président de la Cour des comptes avant d’encourager leurs collègues à faire du professionnalisme et de la rigueur des valeurs quotidiennes.

Pour le président, la portée de cette distinction est avant tout symbolique: « L’excellence peut se rencontrer aussi bien dans un bureau d’audit que dans les services d’entretien. Le mérite n’a ni catégorie, ni hiérarchie. »

À travers ce choix, la Cour des comptes entend rappeler que chaque fonction, qu’elle soit intellectuelle, technique ou de soutien, contribue à la réalisation de ses missions constitutionnelles.

Les prochaines étapes

Cette première édition marque le début d’un processus appelé à s’élargir.

Le président a annoncé que, dès la prochaine édition, le processus d’évaluation sera piloté par le Rapporteur général afin de renforcer davantage la crédibilité et l’institutionnalisation de la démarche.

Autre évolution majeure : les magistrats du siège et du parquet, qui n’étaient pas concernés cette année, feront l’objet d’une évaluation spécifique à partir de 2026.

L’ambition est claire : faire de cette cérémonie un rendez-vous annuel, où la reconnaissance du mérite devient un instrument de gouvernance, d’amélioration des performances et de modernisation de l’administration publique.

Don Momat

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