Daniel Mukoko Samba consolide les engagements de l’État pour le remboursement



Le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a validé un montant global de 43,73 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières opérant en République démocratique du Congo au cours du premier trimestre 2026. Cette certification est intervenue à l’issue des travaux tenus les 28 et 29 mai à Kinshasa.
Selon le communiqué de presse du ministère de l’économie nationale, la zone Ouest ( dont Kinshasa) concentre l’essentiel des pertes avec 35,41 millions USD, suivie de la zone Sud (3,95 millions USD), de la zone Est (3,64 millions USD) et de la zone Nord (727 491 USD).
Le CSPPP explique cette situation principalement par les conséquences des tensions géopolitiques internationales, notamment la crise persistante au Moyen-Orient, qui continue de perturber les marchés mondiaux des hydrocarbures et d’influencer les coûts d’approvisionnement des opérateurs.
Malgré cette conjoncture particulièrement difficile, le Gouvernement congolais réaffirme sa volonté d’accompagner les sociétés pétrolières afin de garantir un approvisionnement régulier du pays. Les discussions ont notamment porté sur la mise en œuvre d’avances sur PMAG financées grâce à la mobilisation des recettes issues des stocks de sécurité. Le Gouvernement se tient à cet engagement dans le but de préserver la fluidité de la chaine d’approvisionnement des sociétés pétrolières.
Le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP) a salué les efforts déployés par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, qui a renforcé le suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au remboursement des pertes subies par les opérateurs du secteur.
Du côté du secteur privé, la certification des PMAG du premier trimestre 2026 a été favorablement accueillie. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la FEC Ali Mamina a salué la qualité du travail accompli ainsi que l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges lors des travaux jeudi et vendredi. « Il n’existe pas de certification parfaite, mais nous saluons le travail accompli ainsi que l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des
échanges », a-t-il déclaré.
Les travaux ont réuni les représentants des principales sociétés pétrolières du pays ainsi que plusieurs institutions publiques, notamment la Présidence de la République, la Primature, les ministères des Hydrocarbures et des Finances, la DGDA et la FEC.
Cette certification constitue une étape importante dans la gestion des mécanismes de compensation du secteur pétrolier congolais, dans un contexte international marqué par la volatilité persistante des prix de l’énergie et les incertitudes géopolitiques mondiales.
Un mécanisme essentiel pour préserver le pouvoir d’achat
La réalité du secteur pétrolier en République démocratique du Congo demeure complexe. Dans le souci de protéger le pouvoir d’achat de la population et de limiter l’impact de la hausse des cours internationaux sur le coût de la vie, le Gouvernement congolais maintient un important système de subvention des produits pétroliers.
Concrètement, les sociétés pétrolières importent les carburants en dollars américains mais les commercialisent sur le marché national à des prix négociés avec le Gouvernement et souvent inférieurs aux coûts réels d’approvisionnement. L’écart entre le coût réel et le prix de vente constitue ce que l’on appelle le « manque à gagner », que l’État rembourse ensuite aux opérateurs afin de préserver l’équilibre du secteur.
Ce mécanisme représente un effort budgétaire considérable. En 2023, le Gouvernement avait déboursé près de 288 millions de dollars américains pour couvrir les pertes et manques à gagner des entreprises pétrolières. En 2024, grâce à une vigilance accrue dans le suivi des acquisitions et des mécanismes de fixation des prix sous l’impulsion du Vice-Premier ministre de l’Économie nationale Daniel Mukoko Samba, ce montant a été ramené à environ 31 millions de dollars américains, illustrant une meilleure maîtrise des dépenses publiques dans ce secteur stratégique.
Ces efforts continus permettent aujourd’hui à la République démocratique du Congo de maintenir des prix des carburants parmi les plus compétitifs du continent africain, malgré les fortes turbulences observées sur les marchés internationaux de l’énergie.
Patrick Ilunga
