La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé au lancement officiel de l’atelier consacré à l’élaboration des normes de construction dans le secteur des Infrastructures et Travaux publics, une initiative portée par le ministère dirigé par John Banza Lunda afin de doter la République démocratique du Congo d’un cadre normatif adapté à ses réalités locales.



Dans son mot introductif, Alexis Kaluwa Mwangala a insisté sur la nécessité, pour les experts, de veiller, au-delà des exigences techniques, au renforcement de la synergie entre les différentes administrations au service de la qualité, de la sécurité publique, de la durabilité des ouvrages et de la souveraineté normative en RDC.
Selon lui, ces travaux doivent permettre à la RDC de poser les bases d’un système de normalisation capable d’accompagner durablement le développement des infrastructures nationales.
Prenant ensuite la parole, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a salué l’engagement du président Félix Tshisekedi en faveur du développement d’infrastructures de qualité en République démocratique du Congo.
Pour le ministre des ITP, la présence de la Première ministre à cette cérémonie illustre le fait que la question des infrastructures n’est pas accessoire dans l’action gouvernementale, mais constitue plutôt une réforme structurante au cœur de l’action publique.
« Elle exprime la volonté du gouvernement de faire du cadre normatif un instrument de souveraineté, de sécurité publique, de qualité des ouvrages et de bonne gestion des ressources nationales », a-t-il déclaré, avant d’affirmer que « la République démocratique du Congo entre dans une phase décisive de son développement infrastructurel ».
Le ministre a estimé que le pays est resté trop longtemps assujetti à des normes étrangères souvent inadaptées aux réalités locales.
« Nous ne pouvons plus accepter que les ouvrages publics se dégradent prématurément, que les routes se détériorent à peine livrées, que des bâtiments soient construits sans garanties suffisantes ou que les matériaux circulent sans certification adaptée à nos réalités », a proclamé John Banza Lunda.
Avant de poursuivre : « Le pays a besoin d’exigences techniques plus solides et d’un système de normalisation qui parte du langage du terrain autant que de celui de l’excellence. »
Le ministre des Infrastructures et Travaux publics a rappelé que la Commission nationale chargée de l’élaboration des normes de construction dans le secteur des ITP a été mise en place pour répondre à ces défis.
« Elle devra produire un référentiel national rigoureux, adapté aux spécificités de notre territoire, à notre climat, à nos sols, à notre hydrographie, à nos matériaux locaux et à nos priorités de développement », a-t-il renchéri, tout en soulignant l’ampleur de la tâche qui attend les participants.
Lançant officiellement les travaux, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a rappelé les attentes du gouvernement à l’issue de ces assises.
« Le gouvernement attend de vous la première génération des normes prioritaires, notamment pour les routes, les voiries, les bâtiments, les ouvrages d’art, les matériaux de drainage, la géotechnique, le contrôle qualité, la maintenance et la résilience », a-t-elle déclaré.
Pour la cheffe du gouvernement, « ce texte devra constituer une base solide pour l’action publique et pour la transformation de notre environnement bâti ».
Elle a également encouragé les participants à inscrire leurs travaux dans une logique d’alignement aux standards internationaux et nationaux, notamment ceux de l’ISO et de l’ARSO, afin que « la RDC puisse assumer sa place dans l’espace normatif africain et mondial tout en préservant son identité technique et ses priorités nationales ».
Ces assises sont organisées à la suite des recommandations issues de la première conférence sur les infrastructures en RDC, tenue à Kinshasa sous le haut patronage du président Félix Tshisekedi.
José-Junior Owawa
