Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a endeuillé la province de l’Ituri ce jeudi 2 avril. Le village de Bafwakoa, situé à près de 148 kilomètres de Mambasa-centre sur l’axe Kisangani, a été pris pour cible en soirée, aux alentours de 20 heures, selon des sources locales.
Le bilan fait état d’un peu plus de 40 civils tués, plusieurs habitations incendiées ainsi que des motos réduites en cendres. Cette incursion violente met une fois de plus en lumière la grande vulnérabilité des populations civiles dans cette zone, malgré les opérations militaires régulièrement annoncées.
D’après Jospin Mbowa, coordonnateur local de la société civile, les assaillants seraient venus notamment de la chefferie des Bapere, dans le territoire de Lubero, avant de s’infiltrer dans la forêt de Mambasa, multipliant les attaques sur l’axe Mambasa-Kisangani.
La société civile dénonce la facilité de circulation des groupes armés et pointe un décalage croissant entre les déclarations officielles faisant état d’une accalmie et la réalité sur le terrain, marquée par la recrudescence des violences.
De son côté, Guylain Lobeya Amisi, notable de Mambasa et ancien député provincial, appelle à une révision en profondeur des stratégies militaires. Il exhorte les autorités à renforcer les dispositifs de protection des civils, estimant que les approches actuelles montrent leurs limites. Il met également en garde contre un risque d’expansion des ADF vers la réserve d’Epulu.
Face à la répétition des attaques dans le territoire de Mambasa, de nombreuses voix s’élèvent pour remettre en question l’efficacité des réponses sécuritaires dans cette région, où la protection des populations demeure une urgence absolue.
Il convient de rappeler qu’au mois de mars dernier, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées lors d’attaques similaires, notamment sur le site minier de Muchacha.
G.H
