Portrait ” Femme du mois ” : Marie Djuma Yohari, la voix discrète de la transparence en RDC

Depuis 2008, elle façonne, dans l’ombre mais avec constance, l’image et le discours d’une des initiatives les plus stratégiques pour la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo. Marie Djuma Yohari, responsable de la communication et des relations publiques à l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE-RDC), incarne une génération de femmes engagées qui ont choisi la rigueur, la constance et la conviction comme leviers de transformation.

‎Dans un pays où les industries extractives cristallisent à la fois espoirs économiques et tensions sociales, la question de la transparence n’est pas une option : elle est une exigence. C’est sur cette ligne de crête que Marie Djuma Yohari évolue depuis près de deux décennies.

‎Une présence constante dans un secteur exigeant

‎Entrée à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE-RDC) en 2008, elle s’est imposée comme un maillon essentiel du dispositif de communication. À une époque où les standards de transparence étaient encore en construction en RDC, elle a contribué à structurer la parole publique de l’institution, à vulgariser ses rapports et à rapprocher les enjeux techniques des citoyens.

‎Sa mission ? Traduire la complexité des flux financiers, des contrats miniers et pétroliers en messages accessibles, sans jamais trahir la rigueur des données. Un exercice d’équilibriste qui demande à la fois pédagogie, maîtrise technique et sens politique.

‎La pédagogie comme engagement

‎Au fil des années, Marie Djuma Yohari a fait de la communication un outil de citoyenneté. Car derrière chaque rapport ITIE, il y a une ambition : permettre aux Congolais de comprendre comment sont gérées leurs ressources naturelles.

‎Dans les ateliers, les forums, les échanges avec la société civile et les médias, elle incarne cette volonté de rendre l’information publique intelligible et utile. Elle ne se contente pas de communiquer : elle éduque, elle sensibilise, elle éclaire.

‎Cette posture fait d’elle une actrice discrète mais déterminante du combat pour la bonne gouvernance.

‎Une femme dans un univers stratégique

‎Dans un environnement souvent dominé par des logiques techniques et masculines, son parcours témoigne d’une persévérance remarquable. Elle a su s’imposer non pas par le bruit, mais par la constance, la compétence et la crédibilité.

‎À l’heure où la RDC s’affirme comme un acteur clé de la transition énergétique mondiale grâce à ses minerais stratégiques, le rôle de structures comme l’ITIE devient encore plus crucial. Et avec lui, celui de celles et ceux qui portent la parole de la transparence.

‎Clôturer mars avec un symbole fort

‎En ce mois de mars dédié aux droits des femmes, le parcours de Marie Djuma Yohari rappelle que l’engagement féminin ne se limite pas aux premières lignes visibles. Il se déploie aussi dans ces fonctions de structuration, d’explication et de médiation, essentielles à la consolidation de l’État et de la démocratie.

‎Son itinéraire est celui d’une professionnelle qui a choisi la durée plutôt que l’éclat, l’impact réel plutôt que la visibilité immédiate.

‎Et dans un pays en quête de gouvernance exemplaire, cette constance vaut engagement..

‎Adam Mwena Meji

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