Le Collectif des Médias pour l’Observation et le Suivi des Accords de paix (COMOSA), une initiative citoyenne des journalistes et des Organisations professionnelles des médias a rendu public le mardi, 10 Mars 2026 au CEPAS à Kinshasa, son tout premier rapport d’observation portant sur la mise en œuvre de l’accord de paix signé le 17 juin 2025 à Washington aux États-Unis entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda.

En effet, couvrant une période de 10 mois soit de la date de la signature de l’accord au 2 mars courant coïncidant avec l’annonce des sanctions américaines contre l’armée rwandaise et certains officiers de celle-ci, ce texte visant notamment la mise à la disposition des différentes entités des informations viables autour de cet accord pour limiter la désinformation en assurant la fonction de veille et d’alerte sur le respect des engagements de différentes parties, fait état d’une mise en œuvre contrastée de ce processus de paix en RDC.
Une mise en œuvre contrastée du processus
Basée sur la mise en place des mécanismes institutionnels prévus par l’accord; l’évaluation de la situation sécuritaire sur le terrain ; l’état d’avancement du cadre d’intégration économique régionale ainsi que le niveau de cohérence politique et de confiance mutuelle entre les parties, le COMOSA note une évolution contrastée du processus.
Au-delà des avancées enregistrées sur le plan institutionnel (70%) nonobstant leur fragilité observée en 2026, le collectif note la faible exécution des mesures de la mise en œuvre sécuritaire recueillant 20% à peine. Quant au pilier économique, les rédacteurs du rapport plafonnent sont exécution à 15% car encore restée au niveau declaratif tout comme le volet politique qui obtient 20% de taux d’exécution traînant la note globale à un taux d’exécution de 31% au 2 mars 2026.
RDC – Rwanda, les défis du processus de paix
Pour le COMOSA, le chemin vers la paix en RDC et dans la région des Grands Lacs passe, sur le plan sécuritaire, par le renforcement des mécanismes de surveillance et leur capacité d’investigation ; l’instauration d’un dispositif d’alerte rapide et de gestion concertée des incidents ainsi que la nécessité de garantir la transparence et la vérifiabilité des engagements militaires.
Concernant les aspects politiques, le collectif suggère la nécessité de consolider un cadre d’accompagnement du processus Washington – Doha- Lomé; de renforcer les engagements publics visant à restaurer la confiance et éviter toute instrumentalisation militaire ou politique des cadres de dialogue.
Au sujet des aspects économiques, le COMOSA recommande l’accélération de la mise en œuvre de projets économiques pilotes; l’amélioration de la traçabilité des flux économiques et des ressources naturelles ainsi que la mise en contribution des communautés locales aux initiatives régionales.
Selon les rédacteurs du rapport, le renforcement de la coordination entre les différents partenaires et acteurs africains ainsi que la nécessité de privilégier une approche cohérente fondée sur des résultats concrets et vérifiables sont nécessaires pour la mise en œuvre de l’accord dit de Washington.
Très optimiste, le COMOSA estime que cet accord “demeure un cadre diplomatique structurant pour la stabilisation de la région des Grands Lacs”. Il se fonde sur le mécanisme institutionnel mis en place, témoignant “d’une volonté initiale de désescalade d’où son appel à la consolidation du processus Washington-Doha-Lomé.
Pour sa part, le collectif réaffirme “sa disponibilité à accompagner, par l’observation indépendante et l’information responsable, les efforts visant à transformer l’accord de Washington en paix durable et tangibles pour la RDC, le Rwanda et l’ensemble de la région des Grands Lacs”.
José-Junior Owawa
