La République démocratique du Congo et l’Éthiopie accélèrent le renforcement de leurs relations économiques. À l’approche de la signature d’un accord commercial bilatéral, Kinshasa et Addis-Abeba affichent une ambition commune : dynamiser les échanges intra-africains, en misant notamment sur le transport aérien, les produits agricoles et l’élargissement de leurs marchés respectifs.



Pour les analystes la conclusion prochaine de cet accord pourrait marquer un tournant stratégique pour les deux économies. Pour la RDC, il s’agit d’une opportunité majeure de diversification des exportations, encore largement dominées par le secteur minier. L’intérêt croissant des consommateurs éthiopiens pour les produits alimentaires « made in DRC » ouvre des perspectives concrètes pour les filières agricoles locales et l’agroalimentaire, avec des retombées attendues en termes de production nationale, de création d’emplois et d’amélioration des revenus des producteurs.
Le volet aérien constitue un pilier central de ce rapprochement. La coopération autour des avions cargos et le partenariat avec Air Congo pourraient permettre de réduire significativement les coûts et les délais d’exportation, un frein récurrent à la compétitivité des produits congolais. Une meilleure connectivité aérienne favoriserait également les échanges commerciaux, touristiques et économiques entre les deux pays.
Du côté éthiopien, l’accès au vaste marché congolais, estimé à plus de 100 millions de consommateurs et porté par le dynamisme de Kinshasa, représente un débouché stratégique pour ses entreprises, tout en consolidant le rôle de l’Éthiopie comme hub économique régional.
Au-delà des intérêts bilatéraux, ce partenariat s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en encourageant l’intégration économique du continent et en réduisant la dépendance aux marchés extérieurs.
Si la feuille de route issue de la commission mixte est mise en œuvre de manière effective, le partenariat RDC–Éthiopie pourrait renforcer la résilience économique des deux pays et contribuer à une croissance plus inclusive, avec des bénéfices tangibles pour les populations congolaises et éthiopiennes.
Daniella Kalala
