Le président angolais João Lourenço propose un cessez-le-feu dans la crise militaire qui oppose la République démocratique du Congo (RDC) et le Mouvement du 23 mars (M23), à partir de la semaine prochaine. Le chef de l’État, champion de la paix dit attendre la déclaration publique d’acceptation de la date proposée par les parties impliquées dans le conflit. Lourenço met les parties devant leur responsabilité pour que cette tentative de désescalade ait les chances d’aboutir à une paix durable.
Le gouvernement angolais a fait savoir qu’à la suite de la réunion qui s’est tenue cette semaine à Luanda entre les présidents de la RDC, Felix- Antoine Tshisekedi, du Togo, Faure Gnassingbé, et l’ancien dirigeant nigérian, Olusegun Obasanjo, le chef de l’État angolais a proposé mercredi 11 février l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo, à compter de 12h00 le 18 de ce mois. Lourenço fait preuve de foi en la paix, même s’il sait que rien n’est gagné d’avance. La crise en RDC est caractérisée par des engagements non tenus par les parties, notamment les rebelles.
Dans un communiqué distribué à la presse, João Lourenço affirme attendre une déclaration publique d’acceptation de la date proposée.
Adalberto Malú, expert en relations internationales, interrogé par la rédaction portugaise de RFI, estime que l’initiative du président angolais témoigne de la préoccupation de l’Angola de voir le conflit en République démocratique du Congo résolu.
« La proposition de cessez-le-feu du président João Lourenço dans l’est de la RDC est une nouvelle démonstration de la diplomatie active de l’Angola. Mais il faut être réaliste. L’historique du M23 et d’autres groupes armés montre un schéma de non-respect des accords », a résumé l’analyste.
Ce professeur d’université avertit également que l’efficacité du processus passe par la surveillance et la pression diplomatique des blocs régionaux, afin d’éviter de nouvelles violations des accords futurs.
« Le succès de cette initiative dépendra fortement de trois facteurs : une surveillance rigoureuse de l’Union africaine, une pression diplomatique et des sanctions coordonnées, ainsi qu’un engagement concret des parties locales. Sans cela, le risque de violation reste élevé, même en cas de consensus formel. Mais il est tout de même positif que l’Angola consulte les parties avant de proposer la trêve, ce qui renforce la légitimité du processus et maintient l’Angola comme un médiateur fiable sur le continent », a averti Adalberto Malú.
L’Angola s’appuie sur l’Union Africaine, qui s’appuie à son tour au regard du père fouettard que sont les États-Unis d’Amérique. Les efforts diplomatiques des uns et des autres ne sont pas toujours suivis d’effets durables et réels sur le terrain. Mais Luanda tient bon.
En ce qui concerne le début de la phase préparatoire du dialogue intercongolais, qui se déroule à Luanda, le texte signé par la présidence de la République d’Angola révèle qu’elle l’annoncera en temps voulu.
P.I/ Rf
