Là où la route passe le développement suit, dit-on. Force est de reconnaître que la route fait partie intégrante d’un système de transports qui englobe aussi le chemin de fer, longtemps relégué aux oubliettes depuis le départ des colons belges. Et pourtant, » Sans le chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny. », disait Henri Morton Stanley. En effet, les travaux de construction de la route Kananga–Kalamba Mbuji, un pan entier de la RN1, longue de 230 km, progressent sans relâche et permettent désormais de rejoindre la frontière angolaise. Cette voie, porte d’entrée vers l’Angola et l’océan Atlantique qui a été relancée en juillet 2024 par le Gouvernement congolais, est un levier essentiel pour le désenclavement des provinces du centre du pays et leur développement économique.

A en croire les sources officielles, les travaux de praticabilité ont dépassé le point kilométrique 120, soit plus de la moitié du tracé. Grâce aux interventions d’urgence, complétées progressivement par des travaux de revêtement, la route est entièrement praticable d’un bout à l’autre, suscitant un réel espoir pour la suite du projet. Il faut actuellement entre 6 et 7 heures pour parcourir le trajet entre Kananga et Kalamba Mbuji, une amélioration par rapport au passé récent, et que ce délai sera encore réduit une fois les travaux définitifs achevés.
Cette route, attendue depuis des années par les populations locales, est appelée à désenclaver 12 provinces du centre de la RDC, faciliter la circulation des biens et des personnes, et relier efficacement le chef-lieu du Kasaï Central aux provinces angolaises, notamment Lunda Norte. Il s’agit sans doute d’une réalisation économiquement importante pour les habitants du grand Kasaï sous l’administration Tshisekedi.
Contrairement aux informations diffusées sur les réseaux sociaux, la Société nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC SA) qui n’est pas contre la construction de cette route d’intérêt national, est une entreprise publique qui dessert le transport ferroviaire, fluvial, lacustre et routier dans l’Est et le Sud du pays. Son vaste réseau comprend, selon Fabien Mutomb, ci-devant son Directeur Général, environ 3 641 km de voies ferrées, 1 531 km de voie lacustre, 700 km de voie fluviale et 128 km pas actuellement exploités. Au contraire, l’épine dorsale de l’économie congolaise joue pleinement sa partition dans la construction de la route Kananga-Kalamba-Mbuji en transportant les matériels de construction lourds depuis la gare de Lubumbashi jusqu’à la destination finale. Idem pour les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Katende qui avancent sans désemparer. Des sources concordantes, nous apprenons que la route Kananga-Kalamba Mbuji ne représente aucun danger pour les activités de la SNCC SA, ni l’inverse pour cette partie de la RN1 en construction pour lier l’Ouest à l’Est dans un système de transport voulu multimodal depuis la fondation du Congo. Mais malheureusement, des forces obscures exposent devant l’opinion publique le spectre de la séparation entre les deux types de transport, opposant certains opérateurs économiques sur le choix des corridors, le parti phare de la majorité au pouvoir, en l’occurrence l’UDPS à d’autres forces politiques, y compris les Kasaiens aux katangais. Et pourtant, l’indépendance économique du pays passe aussi par le développement et l’exploitation du chemin de fer, le moyen de transport le moins coûteux que la route, qui permettra non seulement la fluidité mais aussi, la mobilité des personnes, des biens et services. Celle-ci sera garantie si le réseau fonctionne bien. La route ne vient pas casser les activités de la SNCC SA, au contraire, elle vient en complémentarité à la voie ferrée.
La politique de sabotage de la SNCC SA fait partie d’une politique globale provenant de l’extérieur à l’image de ce qu’a souffert dans un passé récent l’Office national des transports (Onatra). Objectif, maintenir le Congo dans une sorte de dépendance de la route au détriment du rail. Le transport des marchandises par le train coûte moins cher que le transport terrestre qui reste très coûteux à cause de l’entretien permanent des routes abîmées par le trafic et les surpoids des camions poids-lourds. Les marchandises transportées par le train coûtent moins chères que celles qui sont passées par la voie terrestre. La SNCC SA, qu’on se le dise, est une société nationale et non à vocation Katangaise. Sa raison sociale est l’activité de connexion des espaces économiques.
Il n’y a pas un seul système de transport multimodal spécifique pensé par les Belges au Congo, mais plutôt une approche intégrée du transport multimodal, qui combine différents modes comme le rail, la route et la voie d’eau pour optimiser l’acheminement des marchandise. Cas du corridor Lubumbashi-Kindu-Ubundu-Kisangani.
Dieudonné Buanali