Réfugiés Congolais : Les chiffres d’une tragédie humaine

De retour de sa mission humanitaire en faveur des réfugiés Congolais en Tanzanie et au Burundi, la ministre des affaires sociales Ève Bazaïba a fait le point de la situation de ces Congolais ayant trouvé refuge dans les pays étrangers. Ils sont 250 000 actuellement au Burundi et 87 000 en Tanzanie, pour ne parler d’abord que de ces deux pays visités par la mission gouvernementale, car au-delà de la Tanzanie et le Burundi, ils sont plusieurs, ceux qui ont trouvé refuge en Zambie, et encore plus nombreux, ceux qui se sont réfugiés en Ouganda.

Ceux du Burundi comptent parmi eux 30 000 enfants dont plus de 2000 non accompagnés. Le tableau est quasi-similaire en Tanzanie où, selon Ève Bazaïba, 50 000 enfants se trouvent parmi les réfugiés. Et comme pour renforcer ce tableau dramatique, les membres du gouvernement ont été témoins, pendant leur mission, de la naissance de 24 bébés dans les camps des réfugiés en Tanzanie. Une situation dramatique que Bazaïba a qualifiée de “tragédie humaine”, dans un contexte où l’aide humanitaire a tari du fait de l’absence des ONG. Plusieurs de ces organisations non gouvernementales ont fermé leurs services, depuis que les États-Unis de Donald Trump ont asséché le financement en suspendant l’USaid.

Dans ce tableau sombre, l’État Congolais a apporté l’assistance humanitaire aux réfugiés Congolais. Dans le lots de l’assistance gouvernementale, il y a eu des produits alimentaires, des produits pharmaceutiques, des tentes et autres fournitures nécessaires pour alléger la souffrance de ceux qui doivent encore ronger leur frein, dans des camps, entassés, en attendant un retour serein et paisible chez eux, en RDC où la paix est encore une promesse, un espoir.

Dans un moment de tassement des services humanitaires, c’est la RDC qui apporte le gros de l’aide humanitaire. Le Congo a choisi de transcender les conventions internationales qui veulent qu’en “pareilles circonstances, ce soit l’État de refuge qui prenne en charge les réfugiés”, ont souligné en chœur le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya et son collègue Ève Bazaïba. Mais malgré, le geste salvateur du gouvernement, tous les besoins ne sont pas encore couverts. Pas encore totalement. Car pour les seuls congolais réfugiés au Burundi, selon Brigitte Mukanga-Eno, représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés au Burundi,

il faut au moins “33 millions de dollars pour une couverture d’au moins quatre mois, à partir de décembre jusqu’à fin mai”. Mais ce plan pourrait changer et s’aggraver, étant donné que “l’afflux des réfugiés se poursuit”, a-t-elle noté.

Le HCR a noté avec inquiétude que dans les camps, les réfugiés sont confrontés à conditions de vie particulièrement critiques : absence d’accès à l’eau potable, insécurité alimentaire, épidémies de maladies comme le choléra ou la rougeole, et infrastructures sanitaires défectueuses.

Au cours d’une seule semaine fin décembre 2025, début janvier 2026, plus de 90 réfugiés sont morts, essentiellement à cause du manque d’abris, de nourriture et de soins médicaux dans des camps saturés au Burundi, selon des sources de la société civile.

Actuellement, le cynisme politique aidant, selon la ministre des affaires sociales, ces camps doivent faire aussi avec les agents de l’ennemi qui infiltrent les infortunés réfugiés, se donnant un malin plaisir de porter la voix des rebelles.

La situation est donc préoccupante. À ce tableau, il faut ajouter aussi les réfugiés de l’Ouganda. Bien que Kampala soit réputé pour sa politique pour aider à atténuer la souffrance des réfugiés, les 600 000 congolais entassés dans des camps en Ouganda ne sont pas moins dans la détresse. A eux aussi, le gouvernement promet de venir en aide.

Ève Bazaïba assure qu”’aucun Congolais réfugié ne sera oublié. Vous devez savoir que c’est une première. Je le répète. Compte tenu des circonstances exceptionnelles, la RDC va s’occuper de tous les réfugiés. Il faut quand même reconnaître que la première mission humanitaire, nous l’avons effectuée,     en tout cas au Burundi et en Tanzanie”. La seconde mission humanitaire aura lieu, promet la ministre, en précisant qu’il n’y a pas que l’Ouganda, il y a la Zambie, il y a dans tous les autres pays. “Le dossier est bien ficelé, fignolé par le vice-premier ministre en charge de l’intérieur qui a la gestion des réfugiés. Chaque fois que les cas nous sera apporté à notre connaissance, nous allons organiser une enveloppe pour arriver sur place et travailler avec le pays hôte ainsi que les hauts commissariats aux réfugiés”, conclut-elle.

Aujourd’hui, ils sont un peu plus d’un million, ceux qui ont fui les affres de la guerre en trouvant refuge à l’étranger. Ils sont plus de 7 millions ceux qui ont trouvé refuge à l’intérieur du pays.

Patrick Ilunga

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