La Banque centrale du Congo (BCC) apporte des éclaircissements sur les opérations de comptabilisation des recettes de l’État effectuées via la plateforme ISYS-RÉGIES. Ces explications interviennent après la diffusion d’informations faisant état d’anomalies présumées dans l’enregistrement de certaines recettes publiques.

À l’origine de la controverse, une correspondance de la Direction générale des Impôts (DGI), datée du 3 septembre 2026, relevait plusieurs opérations jugées inhabituelles. Parmi les montants cités figurent 195 397 267,53 francs congolais de paiements qui auraient été supprimés des registres.
La DGI aurait également constaté, pour les recettes du mois de mars 2025, un écart de 5 424 850 544,94 FC. Le montant enregistré serait ainsi passé de 779 932 453 358,91 FC à 774 507 602 813,97 FC. Une autre opération concernait une recette de TVA de 5 441 589 802 FC, payée le 13 août 2024, qui aurait été enregistrée, supprimée, annulée, puis réintroduite dans le système.
Le document faisait également état de 202 paiements encaissés par la CADECO à Aru, le 30 janvier 2026, pour un montant total de 36 804 900 FC. Leur intégration dans le système serait intervenue ultérieurement, avec une date différente de celle de l’encaissement.
Ces éléments avaient suscité des interrogations sur la fiabilité et la traçabilité des données relatives aux recettes publiques. Dans un communiqué publié ce jeudi 10 septembre 2026, la Banque centrale du Congo rejette toutefois l’idée selon laquelle ces écarts traduiraient une falsification des recettes de l’État.
Selon la BCC, les opérations enregistrées dans la plateforme ISYS-RÉGIES sont sécurisées, historisées et traçables. L’institution affirme qu’une fois validées, ces opérations ne peuvent plus être modifiées.
Mise en place depuis 2021 avec l’accompagnement de l’Agence française de développement et la participation du gouvernement, à travers le ministère des Finances, la plateforme ISYS-RÉGIES sert notamment à enregistrer les opérations liées à la mobilisation des recettes de l’État. Son accès est réservé aux acteurs autorisés, tandis que les différentes opérations effectuées dans le système sont enregistrées et peuvent être retracées.
La BCC apporte également des précisions sur les écarts parfois observés entre les données d’ISYS-RÉGIES et celles du système Navision de la Banque centrale. Elle explique que ces différences concernent notamment les opérations réalisées par la CADECO, qui n’est pas membre de la chambre de compensation de la BCC. Elles ne seraient donc pas assimilables à une disparition des recettes publiques.
Pour assurer la vérification et le rapprochement des données, un cadre de conciliation réunit régulièrement les représentants du ministère des Finances, des régies financières, de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique ainsi que de la Banque centrale du Congo. Les résultats de ces travaux sont consignés dans des procès-verbaux signés par les différentes parties prenantes, notamment la DGI.
La Banque centrale affirme par ailleurs assurer un suivi quotidien de la traçabilité des recettes. Les écarts éventuellement constatés sont examinés dans le cadre de ces travaux de conciliation afin d’en déterminer l’origine et de rapprocher les différentes données.
À travers ces explications, la BCC entend rassurer sur la fiabilité du dispositif de comptabilisation des recettes publiques. Elle affirme que les opérations d’encaissement sont bien enregistrées dans ses systèmes d’information et dément toute manipulation des données. L’institution réaffirme enfin sa volonté de poursuivre, avec le ministère des Finances et les régies financières, les efforts destinés à renforcer la mobilisation, le suivi et le contrôle des recettes de l’État.
Daniella Kalala
