RDC – Réforme du FONER : Quand l’ambition d’un Fonds routier de troisième génération s’impose dans le débat public

Le discours sur l’état de la Nation prononcé le 8 décembre 2025 par le Président Félix-Antoine Tshisekedi devant les deux chambres réunies en Congrès a mis en lumière une série d’engagements visant à moderniser les infrastructures de transport et renforcer la connectivité du territoire national. Parmi les chantiers prioritaires, celui du réseau routier s’est imposé comme un axe stratégique, soutenu par les efforts du Fonds National d’Entretien Routier (FONER).

Le Chef de l’État a rappelé que 8 000 km de routes de desserte agricole ont été entretenus en 2025 grâce au financement du FONER, tandis que le Gouvernement projette la réhabilitation de 38 000 km de routes de desserte agricole et 11 423 km de routes prioritaires sur un an. Une ambition nationale qui s’accompagne d’un déploiement de brigades routières dans chaque province pour assurer un entretien régulier et pérenne.

Un FONER en pleine mutation stratégique

Dans les coulisses de cette dynamique, une réforme majeure se prépare : faire du FONER un instrument moderne de financement, d’entretien et de développement routier, à la hauteur de la vision du Chef de l’État. Dirigé par Pierre Bundoki Ndongala, l’établissement s’oriente vers une transformation profonde : passer d’un fonds de deuxième génération à un fonds de troisième génération, capable non seulement d’entretenir les routes, mais aussi de mobiliser davantage de ressources, financer et faire construire des infrastructures, et assurer un suivi technique renforcé.

Selon plusieurs sources internes, cette réforme, portée par la Première ministre Judith Suminwa et le ministre des Infrastructures et Travaux publics John Banza, devrait être présentée au Parlement avant la fin de l’année pour validation.

Réformes internes : rigueur, transparence et professionnalisation

Depuis son arrivée à la tête du FONER, Pierre Bundoki Ndongala a lancé une série de réformes touchant tant la gouvernance que la performance de l’établissement. Parmi les avancées notables, on pourra citer l’élaboration d’une vision stratégique du FONER à l’horizon 2028 ; la mise en place de plans d’actions annuels et d’un système d’évaluation régulière ; opérationnalisation du service du Budget, garantissant un suivi en temps réel ; activation de la Direction d’audit interne, avec recrutement d’un expert par concours ; le recrutement national d’ingénieurs qualifiés pour renforcer la supervision des projets ; la restructuration des services de mobilisation des recettes ; le démarrage de la perception effective des charges à l’essieu pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes ; la publication régulière des informations financières, renforçant transparence et redevabilité.

Ces innovations, saluées par les agents et validées par la hiérarchie, ont placé le FONER sur une trajectoire nouvelle, centrée sur la performance et la gouvernance moderne.

Vers un FONER certifié ISO 9001

Pour crédibiliser davantage ses actions, le FONER vise désormais une certification ISO 9001, un label international attestant de la qualité de sa gestion. Ce chantier, déjà engagé, s’inscrit dans la volonté de l’établissement de se conformer aux normes internationales et d’améliorer durablement ses processus internes.

Un enjeu national majeur

Dans un pays vaste de 2,3 millions de km² et disposant d’un réseau routier de plus de 153 000 km, dont une grande partie encore en terre battue, la transformation du FONER est considérée comme un levier de développement national. La route est à la fois un outil de désenclavement, un accélérateur du commerce intérieur, un vecteur d’intégration régionale et un facteur essentiel de cohésion nationale.

La réforme qui se prépare apparaît dès lors comme une mutation structurelle majeure, susceptible de redéfinir durablement la manière dont la RDC entretient, finance et développe son réseau routier.

José-Junior OWAWA

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