Pression sur les produits pétroliers : La situation contrastée de terrain met à dure épreuve le discours officiel

Malgré les assurances de la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, quant à la disponibilité du carburant, la situation sur le terrain reste contrastée. À Kinshasa comme dans plusieurs grandes villes du pays, les longues files d’attente devant les stations-service témoignent d’une tension persistante sur l’approvisionnement.

Du point de vue d’un expert du secteur pétrolier, derrière ce décalage entre communication officielle et réalité observée, plusieurs facteurs, à la fois internationaux et internes, permettent d’éclairer la situation.

Il explique, sur le plan international, les tensions géopolitiques impliquant Iran, les États-Unis et Israël pèsent lourdement sur le marché pétrolier mondial. Ces zones stratégiques concentrent à elles seules entre 20 et 30 % du commerce mondial de pétrole. Toute perturbation dans ces régions entraîne mécaniquement une contraction de l’offre.

Conséquence directe : une hausse des prix à l’international, conformément aux rapports de l’offre et de la demande. Une dynamique qui n’épargne pas la République démocratique du Congo, dont le système de fixation des prix est resté longtemps administré.

Il continue en disant,Aujourd’hui, un écart significatif s’est creusé entre les prix pratiqués localement et ceux du marché international, rendant le réapprovisionnement plus complexe pour les sociétés pétrolières.

À cette pression extérieure s’ajoute un facteur interne majeur : la réforme du régime de dédouanement. Désormais, les opérateurs sont contraints de payer leurs importations au comptant, notamment dans les zones du sud et de l’ouest du pays. Une exigence qui alourdit leur trésorerie et limite leur capacité d’importation.

Résultat : les entreprises du secteur peinent à maintenir un niveau d’approvisionnement régulier, ce qui alimente les tensions observées sur le terrain, malgré les assurances des autorités.

Sur les marchés internationaux, les prix actuels oscillent entre 240 et 260 dollars pour l’essence, 280 à 320 dollars pour le gasoil, et 220 à 260 dollars pour le Jet A1. Des niveaux largement supérieurs à l’ancien plafond fixé autour de 100 dollars, soit un écart moyen compris entre 120 et 220 dollars par tonne métrique.

Une pression structurelle qui se répercute progressivement sur la chaîne d’approvisionnement nationale… et qui explique, en partie, les longues files toujours visibles dans les stations-service.

Daniella Kalala

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