Pakadjuma : Après la démolition, des familles vivent le calvaire

Installées sous des abris de fortune et dépourvues d’accès à l’eau, à l’électricité et aux infrastructures sanitaires, les familles expulsées de Pakadjuma se retrouvent exposées à un danger sanitaire majeur, dans un site longtemps connu pour ses épidémies de choléra.

Chassés de l’enclos de l’Onatra, plusieurs familles déguerpies se sont réinstallées juste derrière cet espace, le long du boulevard Congo–Japon, ex–poids lourds. Sur à peine deux mètres carrés, quatre chevrons soutenant quelques tôles ou des bâches récupérées servent désormais d’abris précaires. Ce qui frappe ici, c’est que ces installations improvisées accueillent des centaines de familles, dont des nouveau-nés comme cet enfant de deux semaines.

Nous sommes dans la municipalité de Limete, à Kingabwa, sur le site de Pakadjuma, où les victimes de la démolition des habitations le long du rail vivent aujourd’hui dans une précarité encore plus marquée qu’auparavant. Sans eau potable, sans toilettes, sans électricité et exposés en permanence aux intempéries, ces ménages survivent dans des conditions qui inquiètent profondément.

Un premier témoin dénonce la rapidité de l’opération, qu’il affirme avoir été menée sans aucun préavis.

” Nous sommes ceux qui étaient chassés de Brazzaville et l’état congolais nous avait permis de nous installer ici à l’époque de l’ancien chef de l’état Joseph Kabila mais nous sommes surpris de ce déguerpissement sans préavis, il fallait nous informer même un mois avant on allait prendre des dispositions mais maintenant là on ne sait pas où aller.” a-t-il dénoncé.

Plus loin, un autre déguerpi, installé ici depuis sept ans, dit n’avoir nulle part où aller, soulignant que toute sa vie s’est construite dans ce quartier.

” Je suis ici depuis 2018, j’ai nul part où aller actuellement avec ces enfants qu’est-ce que je ferai voilà raison pour laquelle je me suis installé ici dans ce quartier.” a-t-il déclaré.

L’absence totale d’assainissement, l’usage du caniveau comme unique point d’évacuation et la promiscuité extrême exposent non seulement les familles installées le long du boulevard, mais aussi les riverains. Les conditions hygiéniques déjà fragiles sont désormais critiques, faisant craindre l’apparition ou la propagation de maladies hydriques.

Pour mémoire, le gouvernement provincial a lancé, ce lundi 9 février, la démolition des constructions jugées anarchiques le long de la voie ferrée. Selon les autorités, l’objectif est de permettre à l’Onatra de récupérer son terrain  occupé illégale.

Connu pour avoir été l’un des foyers récurrents de maladies comme le choléra, Pakadjuma présente aujourd’hui un risque sanitaire encore alement depuis plusieurs années. Cette libération est présentée comme indispensable à la relance des activités ferroviaires, considérées comme stratégiques pour la mobilité et le développement économique de la capitale.

Didier Ilunga

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *