Paix en RDC : L’union Africaine et la MONUSCO optimistes malgré les réalités difficiles de terrain

L’Union Africaine salue l’engagement pour le cessez-le-feu qui a été signé entre le M23 et le gouvernement congolais le 03 février dernier dans le cadre des pourparlers de Doha. Dans un communiqué rendu public ce 12 février, le Président de la commission de l’Union Africaine Mahmoud Ali Youssouf salue le rôle constructif joué par l’État du Qatar et les États-Unis d’Amérique dans l’appui aux efforts de paix dans l’est de la RDC. 

Pour lui, cette étape représente une mesure de confiance significative et une évolution positive vers la désescalade des hostilités et le rétablissement de la paix et de la sécurité dans l’est de la RDC. Il “souligne que la mise en place d’un mécanisme de cessez-le-feu clair et mutuellement convenu est essentielle pour assurer le respect des dispositions, renforcer la confiance et protéger les populations civiles”.

Quoique l’engagement pour le cessez-le-feu soit salué, plusieurs observateurs font remarquer néanmoins que les engagements signés jusqu’ici entre le M23 et le gouvernement de la RDC ne sont pas suivis d’une réelle désescalade sur le terrain. “Après avoir signé les engagements pour le cessez-le-feu, le M23 a présenté plus de 7000 nouveaux soldats pour renforcer ses rangs”, a décrié Nicaise Kibel Bel, expert des questions militaires. Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23 a présenté les images de ces nouvelles troupes. Il a en même temps accusé les Wazalendo, ces groupes qui appuient l’armée congolaise de saboter les efforts de paix.

Les signaux sont donc contradictoires. D’une part, la diplomatie semble enregistrer quelques avancées, qui sont par la suite, contredites par la réalité de terrain.

Dans ces efforts de paix, le président João Lourenço a proposé aux parties une trêve à partir du 18 de ce mois. Le chef de l’État angolais devrait également ouvrir des consultations pour un dialogue entre Congolais. Il a reçu une mission après une réunion à laquelle ont pris part le chef de l’État Congolais Félix Tshisekedi, mais aussi les médiateurs de l’Union Africaine, dont le président Togolais Faure Gnassingbé et l’ancien chef de l’État nigérian Olusegun Obasanjo.

Dans cette atmosphère de guerre mélangé à l’espoir de paix, l’aéroport de la ville de Goma a enregistré un premier atterrissage depuis plus d’une année.

Vivian van de Perre, cheffe par intérim de la MONUSCO, la mission de paix en RDC atterri par hélicoptère dans cette ville du Nord – Kivu dont l’aéroport est fermé depuis les violents combats de janvier 2025 qui avaient abouti par la capture de la ville par le M23. D’après la MONUSCO, “cette visite s’inscrit dans les préparatifs du suivi et de la vérification du cessez-le-feu, en coordination avec les interlocuteurs et parties prenantes concernés”.

“Le 26 janvier 2025, j’étais dans le dernier avion à atterrir à l’aéroport de Goma. Et aujourd’hui, je suis dans le premier hélicoptère à y atterrir à nouveau. Et j’espère que c’est le début de la réouverture progressive de cet aéroport de Goma au bénéfice de la population”, a déclaré la représentante par intérim du secrétaire général de l’ONU en RDC.

Patrick Ilunga

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