Le nouvel appel au cessez-le-feu décrété par l’Angola pour entrer en vigueur le 18 février 2026 entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et le groupe armé AFC/M23 devait marquer une étape décisive dans la désescalade du conflit qui ravage l’est du pays. Mais sur le terrain, les armes continuent de parler reléguant ce cessez-le-feu à un simple vœu pieux et alimentant les doutes sur la viabilité d’un processus de paix durable.
Un cessez-le-feu proposé… mais déjà fragilisé avant même son entrée en vigueur
Début février, sous l’égide du président angolais João Lourenço, médiateur du dossier congolais, un accord a été proposé pour que hostilités cessent à partir de midi le 18 février entre les forces gouvernementales et les rebelles du M23. La RDC Government avait officiellement accepté cette initiative dans « un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit ».
Cependant, la principale rébellion impliquée l’AFC/M23 avait émis des réserves, affirmant ne pas avoir été correctement informée ou associée à l’élaboration du plan, préférant se référer au processus de Doha, un autre cadre de médiation.
Sur le terrain, les combats persistent en plein cessez-le-feu
Moins de 72 heures après l’heure prévue pour l’arrêt des hostilités, des affrontements violents ont déjà été signalés dans plusieurs zones clés du Kivu. À Kavumu, localité stratégique du Sud-Kivu, des combats opposant les forces dites Wazalendo aux combattants du M23 ont été rapportés dès le 22 février 2026, en plein cessez-le-feu.
Dans d’autres secteurs, comme Katoyi, Ufamandu ou Fizi, les violences se poursuivent ou se sont intensifiées ces derniers jours, impliquant milices locales et combattants rebelles, dans un contexte où les armes n’ont visiblement jamais cessé de tonner.
Selon des sources militaires, certaines attaques attribuées au M23 et à ses alliés auraient même commencé moins de 24 heures après l’heure fixée pour le cessez-le-feu, notamment autour d’Ihula et dans des zones du Sud-Kivu, où des civils ont aussi été victimes d’exactions.
Réactions internationales : encouragements, mais exigences de vérification
La proposition du cessez-le-feu n’a pas laissé indifférente la communauté internationale. Des gouvernements comme ceux de Belgique et des États-Unis d’Américains ont salué l’initiative, tout en soulignant la nécessité de mécanismes de vérification « concrets et transparents » pour assurer le respect des engagements de part et d’autre.
Ces appels européens et américains insistent notamment sur l’importance d’un mécanisme de surveillance encore difficile à mettre en place dans un contexte où la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) souffre de déficits financiers, compromettant son rôle dans la vérification du cessez-le-feu.
Entre tensions armées et diplomatie en panne : la paix semble reculer
Ce nouvel épisode vient s’ajouter à une longue série de cessez-le-feu et de trêves successivement annoncés depuis 2021, qui ont systématiquement été violés ou ignorés par les acteurs engagés dans la crise. À ce jour, ces tentatives n’ont jamais permis d’instaurer un arrêt durable des hostilités, ce qui alimente une forte méfiance des populations locales et des observateurs quant à l’efficacité des démarches diplomatiques.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’une paix durable apparaît de plus en plus lointaine, d’autant que le processus du dialogue national inclusif, censé complémenter les initiatives internationales, peine lui aussi à produire des avancées significatives, laissant un vide politique dans lequel la violence continue de prospérer.
Tant que les parties belligérantes ne s’engageront pas pleinement dans des mécanismes de cessez-le-feu vérifiables et assortis de sanctions pour les violations, et tant que les processus politiques nationaux restent en suspens, les observateurs sont formels, la quête d’une paix durable en République Démocratique du Congo restera entravée.
José-Junior Owawa
