La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a ouvert mardi l’édition 2025 du forum économique Makutano, organisé à l’hôtel Sultani à Kinshasa. Durant près de deux heures, elle a échangé librement avec les acteurs du secteur privé ainsi qu’avec les partenaires financiers nationaux et internationaux, dans un exercice présenté comme un dialogue destiné à renforcer la confiance entre les deux parties.



Priorité à la gouvernance et à la diversification
Intervenant sur le thème « Gouvernance : crédibilité et diversification », la cheffe du Gouvernement a dressé un bilan jugé encourageant des 18 mois d’action publique, malgré le contexte sécuritaire tendu dans l’Est du pays. Selon elle, les réformes engagées ont contribué à stabiliser le cadre macroéconomique.
Judith Suminwa a notamment insisté sur la stabilisation récente du franc congolais, qu’elle considère comme un signe positif, tout en soulignant que cette évolution doit s’accompagner d’efforts plus soutenus pour développer la production locale. « Seule une production nationale forte peut consolider durablement ces résultats », a-t-elle estimé, rappelant que l’appréciation de la monnaie nationale contribue au pouvoir d’achat des ménages.
Les minerais critiques comme moteur de diversification
La Première ministre a également mis en avant le rôle stratégique des minerais critiques dans la transformation de l’économie nationale. Elle a souligné la nécessité d’assurer une meilleure gestion des revenus miniers, une traçabilité accrue des chaînes d’approvisionnement et une montée en puissance de la transformation locale.
Pour elle, la priorité demeure claire : « produire localement ce qui est aujourd’hui importé ».
Un appel au secteur privé pour la création d’emplois
S’agissant de l’emploi, Judith Suminwa a rappelé que le secteur public, qui compte environ 1,2 million d’agents, a atteint ses limites. Elle a encouragé les entreprises à intensifier leurs efforts en matière de création d’emplois, en réaffirmant la volonté du Gouvernement d’instaurer un partenariat renforcé avec le secteur privé.
Les représentants du Makutano, réseau rassemblant plus de 500 opérateurs économiques, ont exprimé leur volonté d’accompagner cette dynamique. Au nom du groupe, Serge Massamba a salué la démarche du Gouvernement, évoquant « un fleuve puissant » pour illustrer la trajectoire économique du pays.
Un dialogue comme fondement de la gouvernance
La séance s’est poursuivie par un échange de questions-réponses portant sur la méthode de gouvernance, la vision économique et les signaux adressés au monde des affaires. La Première ministre a réaffirmé que le dialogue et la transparence constituent des piliers centraux de son programme, visant à créer un climat de confiance durable entre l’État et le secteur privé.
Don Momat
