L’ONG Culture pour la Paix et la Justice, en collaboration avec l’ASBL Ensemble contre la peine de mort, en synergie avec la Coalition Contre la Peine de Mort en RDC, les réseaux congolais des Magistrats, des Avocats et des Parlementaires Congolais publie son rapport de la mission d’enquête intitulé :
“Dans l’enfer des volte-face politiques des situations des personnes condamnées à mort en République démocratique du Congo”. L’enquête a été effectuée dans 19 prisons sur le 80 que compte la RDC.


Ce rapport met en lumière la situation préoccupante de personnes condamnées à mort, dont l’âge varie entre 18 et 45 ans.
En plus de plusieurs témoignages d’avocats et de magistrats membres des réseaux partenaires, dénonçant avec fermeté les conditions de vie extrêmement difficiles des détenus, ils pointent également la banalisation de la peine de mort, notamment par de procès à caractère expéditif.
Parmi les panélistes, Christelle Vuanga, présidente du Réseau parlementaire des abolitionnistes, est revenue sur la particularité de cette enquête.
“Cette enquête a été particulière, dans ce sens où c’était pour nous la première fois pour les députés de parler avec les condamnés à mort dans plusieurs prisons de notre République” a- t – elle fait savoir.
Et d’ajouté que : “nous avons eu le temps d’écouter, d’examiner les pièces et on s’est rendu compte vraiment qu’il y a beaucoup de situations qui nous interpellent.”
Elle a ensuite soutenu que, que ce soit à Kinshasa, où il y a les célèbres prisons Makala ou Ndolo, que ce soit dans d’autres prisons dont Kassapa. Je peux dire que les faits sont communs. Ce sont des jeunes personnes qui sont condamnées à mort. Il y a des femmes aussi.”
Lors de ces enquêtes, il a été remarqué que c’était pratiquement des procès expéditifs et beaucoup d’infractions liées à l’association de malfaiteurs dans laquelle il etait impossible aux enquêteurs de s’introduire et d’en tirer la quintessence.
Pour maître Ngoto Ngoie, ce rapport met en évidence les conditions de détention particulièrement éprouvantes dans les prisons, notamment pour les condamnés à mort. “Ce rapport a révélé des situations difficiles à travers des prisons pour les condamner à mort. Le document se veut riche en enseignements. Il a suscité de nouvelles recommandations, notamment en termes de mesures intermédiaires avant d’arriver, nous l’espérons, à l’abolition de la peine des morts, a- t- il déclaré.
Parmi les recommandations formulées, il y a notamment: le renforcement de l’accès à la justice, car selon le rapport, plusieurs personnes étaient condamnées à mort, parce que le procès était déjà très court, très expéditif et que ces condamnés n’étaient pas défendus ou qu’ils l’étaient par des avocats non expérimentés. Ces personnes n’avaient pas accès à la voie d’appel parce qu’ils n’avaient pas la bonne information sur où et comment elles pouvaient interjeter appel.
Il y a donc un besoin de renforcer la circulation de l’information, surtout pour les personnes qui encourent la peine des morts ou qui sont condamnées à la cette peine.
Les auteurs du rapport ont plaidé pour une révision de beaucoup de procès afin de permettre aux personnes qui ont été condamnées sans défense ou avec une défense inexperte, de recommencer leur procès.
Le document révèle également que sur les 19 prisons visitées, au moins 279 personnes ont eté interrogées, sur les 950 condamnées.
Parmi elles, 73 % affirment avoir subi des sévices de la part des services de sécurité afin d’obtenir des aveux ou des informations.
Patience Lokeke
