Insécurité à Uvira : Les kinois expriment leur ras-le-bol

Le gouvernement provincial du Sud-Kivu  annonce, dans un communiqué signé par son porte-parole Bashizi Didier que la ville de Baraka, en territoire de Fizi, devient provisoirement le chef-lieu de la province. Le document dresse un bilan désolant de 413 civils ont été tués par balles, grenades et autres engins explosifs, parmi lesquels de nombreuses femmes, des enfants et des jeunes.

La situation inquiète les congolais vivant à Kinshasa. Pour Israël Tshitenge, juriste de profession, cette situation est inacceptable. “Nous sommes vraiment inquiets et perplexes par rapport à ce qui se passe actuellement à Uvira. Nous en arrivons à remettre en cause l’efficacité de l’accord dit historique signé récemment entre les deux protagonistes dont, la RDC et le RWANDA sous la médiation des USA,” a-t-il lancé, avant d’ajouter, amer : “Notre perception est que, ce qui se passe actuellement à Uvira c’est un language du président Rwandais Paul Kagame. Donc pour le Rwanda avant la signature égale à l’après signature.

Pour ce Kinois, les propos du président rwandais lors de la signature de l’accord laissaient présager un échec. “C’était prévisible qu’il avait une volonté manifeste de saboter l’accord dès le même jour. Et quand il le prédisait c’était en présence du président Trump”, fait remarquer ce juriste.

À Kinshasa, ils sont plusieurs aussi ceux voient un laxisme criant chez le médiateur Donald Trump, pas suffisamment regardant, à leurs yeux, face à Kigali. “Notre perception aujourd’hui nous emmène à se poser certaines questions telles que : Donald Trump n’est-il pas au courant de ce qui se passe actuellement à Uvira ?  Que représente le Rwanda devant la décision de Donald Trump ? Les USA ne seraient- ils pas en train de jouer à un double jeu ? ” s’est-il interrogé.

Nimba Joël enseignant dans la capitale congolaise a aussi exprimé sa compassion avec les congolais vivant à l’est “Nous devons prier Dieu pour ces atrocités commises à Uvira et dans la partie Est de notre pays sous occupation de la rébellion, la situation est trop embarrassante, inquiétante. Nous compatissons avec nos frère et sœurs de l’Est”.

Il a par ailleurs appelé le gouvernement à faire adopter une attitude d’un pays en guerre sur toute l’étendue du territoire national. “Nous sommes en guerre, le gouvernement devait nous faire adopter une attitude de guerre sur l’étendue du territoire national car la menace est trop forte,” dit-il.

Il sied de signaler que la situation humanitaire à Uvira reste alarmante. Plus de 200 000 personnes ont été forcées de fuir la ville dans des conditions extrêmement précaires, sans bénéficier d’une assistance humanitaire suffisante.

Didier ILUNGA

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