En visite à Brazzaville, samedi 3 octobre 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a présenté ses « profonds regrets » à la population de la République du Congo, après les incidents armés survenus le 28 août dernier sur le fleuve Congo. Le chef de l’État a également annoncé son intention d’indemniser les victimes.

Reçu par son homologue Denis Sassou Nguesso, Félix Tshisekedi a expliqué être venu « surtout » pour apaiser les esprits et contribuer à faire retomber les tensions entre les deux pays.
Le 28 août dernier, un échange de tirs avait opposé des éléments de la marine congolaise aux forces de sécurité de la République du Congo sur le fleuve Congo, à hauteur de Yumbi, en RDC, et de Makotipoko, au Congo-Brazzaville.
Devant son homologue congolais, Félix Tshisekedi a estimé que les deux pays constituaient « un même peuple », jugeant « insensé » que des affrontements puissent opposer les populations et les forces de sécurité des deux rives du fleuve.
Le président de la RDC était accompagné notamment de ses vice-Premiers ministres chargés de l’Intérieur et de la Défense. Ces derniers doivent poursuivre les échanges avec leurs homologues de la République du Congo afin de mettre « définitivement » un terme à ce type de dérapages.
Évoquant les plus de 2 400 kilomètres de frontières fluviales et terrestres partagées par les deux pays, Félix Tshisekedi a appelé à tourner le dos aux « réflexes barbares » d’un autre temps. Il a également salué la perspective d’une ouverture, dès l’année prochaine, des frontières de la République du Congo aux ressortissants africains.
À l’issue du travail des deux délégations et après la publication de leur rapport, Félix Tshisekedi prévoit de rencontrer les victimes des incidents afin de définir les modalités de leur indemnisation par la RDC. Une démarche qu’il présente comme un devoir de responsabilité : « c’est de notre devoir de le faire », a-t-il déclaré.
Cet incident du 28 août avait ravivé les tensions entre les deux rives du fleuve Congo. Les autorités des deux pays entendent désormais tirer les leçons de cet épisode, établir les responsabilités et renforcer les mécanismes de coopération afin d’éviter de nouveaux incidents.
Le bilan humain et les circonstances exactes de l’affrontement restent toutefois au cœur des discussions entre Kinshasa et Brazzaville.
Didier ILUNGA
