Dossier PayServices Bank : le ministère des Finances rétablit les faits et défend la légalité de l’action publique

Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo a publié, ce mercredi, 14 janvier 2026, une mise au point officielle visant à « rétablir la vérité » face aux informations qu’il qualifie d’« inexactes » et d’« infondées » relayées par certains médias étrangers, notamment au sujet d’un prétendu contentieux financier de plusieurs milliards de dollars impliquant l’État congolais et la société américaine PayServices Bank.

« Contrairement aux informations inexactes et aux allégations infondées relayées par certains médias étrangers au sujet d’une prétendue plainte de plusieurs milliards de dollars opposant une société américaine à la République démocratique du Congo, il importe d’apporter une mise au point », déclare d’emblée la cellule de communication du Ministère congolais des Finances.

Pour ce faire, le ministère réfute catégoriquement l’existence de toute procédure judiciaire engageant l’État congolais à ce stade contrairement aux allégations publiées à ce sujet.

« Les affirmations faisant état de violations contractuelles, de tentatives de corruption impliquant de hauts responsables congolais, ou d’un quelconque embarras institutionnel au sommet de l’État ne reposent sur aucun fait établi ni sur aucune décision judiciaire. Ces narratifs relèvent d’interprétations erronées, tendancieuses et déconnectées de la réalité juridique et administrative du dossier», déclare le Ministère des Finances.

Une société présentée comme banque… sans l’être juridiquement

Le ministère rappelle que PayServices Bank est « une modeste entreprise de droit américain » qui avait signé un protocole d’accord avec le ministère du Portefeuille sous le gouvernement Sama Lukonde II.

« Cette opération prévoyait que l’État congolais acquière une participation moyennant un paiement de 20 millions de dollars américains», poursuit la cellule de communication du Ministère des Finances. Cependant, l’entreprise se serait présentée comme une banque de paiement en ligne alors que plusieurs autorités américaines l’en empêchaient formellement, martele la même source.

« Il existait déjà des décisions administratives américaines (…) interdisant à cette société de se présenter comme une banque et d’exercer une activité bancaire en tant que telle, notamment pour des raisons de risques d’activités illicites », rappelle la cellule de communication avant d’ajouter que ces décisions émanent notamment de la Commission bancaire du Dakota du Sud (mars 2022), de la Federal Reserve Bank of San Francisco (mai 2023), du Département des Finances de l’État d’Idaho (octobre 2024), et du tribunal fédéral du district d’Idaho (mars 2024).

Trois raisons juridiques majeures au refus de paiement

Le ministère détaille trois fondements juridiques précis à son refus. « les services compétents de l’État ont procédé aux diligences requises et ont conclu à l’impossibilité de donner suite au paiement (…) pour trois raisons majeures. » :

Interdiction bancaire aux États-Unis

« L’existence de décisions des autorités bancaires des États-Unis (…) interdisant à la société d’agir et de prester en qualité de banque. »

Non-conformité à la loi congolaise sur les finances publiques

« La non-conformité du protocole d’accord aux dispositions de l’article 108 de la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques. »

Absence d’autorisation parlementaire

« L’absence d’une loi votée par le Parlement approuvant la prise de participation de l’État. »

Continuité de l’État et bonne gouvernance

Le ministère insiste sur le fait que le dossier relève du principe de continuité de l’État : « L’affaire ayant été instruite sous l’ancien Gouvernement Sama Lukonde 2 (…) le dossier est demeuré en l’état et la position du Gouvernement inchangée», renchérit la même source en réaffirmant « la République Démocratique du Congo demeure un État ouvert aux investisseurs sérieux, crédibles et respectueux des lois et règlements en vigueur. »

« En revanche, l’État assume pleinement sa responsabilité de veiller à la protection de l’intérêt général et n’hésitera pas à faire échec à toute démarche (…) qui ne répondrait pas aux exigences légales, réglementaires et institutionnelles applicables», une position adoptée par le Gouvernement congolais dans le domaine des investissements.

Un message clair aux partenaires économiques

À travers cette mise au point, le ministère des Finances entend rassurer la communauté des investisseurs que la RDC reste ouverte au partenariat économique, mais dans le strict respect du droit, de la transparence et de la gouvernance responsable. « Le respect des règles demeure la condition essentielle d’un climat d’affaires sain et durable», a-t-on conclu cette mise au point parvenue à la rédaction.

José-Junior Owawa

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